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Un seul défaut ou deux tout au plus doivent être la matière de 1* examen particulier. Quand on en choisit plusieurs, ce n'est plus un combat singulier. Les forces de l'àme se divisent, et Ton retombe dans l'inconvénient des généralités, qui sont communément peu fécondes en bons résultats. La spécialité est toujours et en tout une excellente chose.
On ne doit choisir un autre défaut pour sujet de l'examen particulier que quand on a détruit ou notablement affaibli celui qu'on avait d'abord entrepris de combattre, à moins qu'on ne croie convenable d'en attaquer un autre pour peu de temps, afin de revenir ensuite à la charge contre le premier avec un nouveau zèle.
Tout cela fait, il s'agit de se mettre à l'œuvre.
On doit, autant que possible, diminuer la sécheresse qui accompagne toujours plus ou moins un examen de conscience quelconque ; car il est certain que c'est cette sécheresse qui en rebute plusieurs. Il faut donc ne pas se borner à une froide et pénible enquête qui, d'ailleurs, serait presque inutile si elle n'était précédée et suivie de quelques considérations qui répandront dans l'examen un peu du doux parfum de l'oraison.
Pour éviter l'inconvénient que nous venons de signaler, voici les actes qu'il est bon de placer avant l' examen proprement dit :
1° Se mettre parfaitement en la présence de Dieu et implorer son secours.
:2° Le remercier des divers bienfaits qu'on en a reçus, insistant particulièrement sur ceux qui portent davantage à la reconnaissance.
3° Détester les péchés de toute la vie, et l'abus
qu'on a fait des grâces et des bienfaits dont on a ïOBablé.
4° Considérer le préjudice causé par le défaut que l'on va combattre, préjudice qu'il continuerait de causer encore si l'on transigeait avec lui ; considérer aussi combien il déplaît à Dieu, avec quel zèle
les saints le combattaient, etc Tout ceci ne doit
pas être long; mais quelques réflexions de cette nature enflamment la volonté et disposent favorablement à F examen.
5° Examiner avec soin ses pensées, ses paroles, ses actions et ses omissions, par rapport à la matière de l'examen particulier, parcourant l'une après l'autre les heures écoulées depuis l'examen précédent, et sjarrêlant davantage aux circonstances dans lesquelles on sait qu'on a dû faire le plus de fautes. A mesure qu'on découvre une infidélité nouvelle, surtout quand elle est. un peu considérable, il est bon de pousser un pieux gémissement ou de faire une fervente aspiration, toujours pour parfumer l'examen et lui oter de son âpreté.
G" Quand la revue des fautes est achevée, s'exciter à les détester par un bon acte de contrition, s'en humilier profondément devant Dieu et lui en demandant pardon; puis s'imposer en esprit de pénitence un ou plusieurs actes de la vertu contraire au défaut que l'on combat. Un point essentiel pour se bien corriger de ses défauts, c'est de ne laisser aucune faute impunie. Il est même bon que la pénitence qu'on s'impose coûte un peu, surtout à l'amour-propre, afin d'expier convenablement les fautes commises et de se préserver de celles qu'on iourrait commettre encore.
7° Prendre une ferme résolution de travailler avec une vive ardeur jusqu'au prochain examen à l'extirpation du défaut que Ton veut détruire.
8° Enfin, réciter en terminant l'oraison dominicale ou toute autre prière.
On recommande, dans l'intervalle des examens, de s'observer avec un soin tout particulier pour ne pas commettre de faute délibérée relativement au défaut qui fait la matière de l'examen, s'en punissant toujours dès qu'on s'aperçoit de quelque infidélité.
Avec certaines variantes, il est aisé de voir qu'on peut faire son examen sur une vertu, sur un exercice ou sur une fonction du saint ministère.
Nous ne parlerons pas de l'examen général qui se fait le soir et qui roule sur toutes les fautes commises pendant la journée. Sauf quelques différences qu'il est aisé de saisir, on peut lui appliquer les règles qui viennent d'être données pour l'examen particulier. Si celui-ci se faisait le soir, on pourrait, quand il serait terminé, faire une recherche générale des péchés commis pendant le jour, ayant soin cependant de conserver à l'examen particulier son caractère distinct et spécial.
Telle est la méthode de cet excellent exercice. Dieu veuille que nos pieux lecteurs en adoptent l'usage constant et régulier ! En retour de leur fidélité, nous leur promettons des consolations abondantes, la destruction des défauts qui les font gémir, et l'acquisition des vertus qui, sans cette utile pratique , re siéraient touj ours plus ou moins imparfaites .
Nous leur conseillons comme moyen d'aider leur faiblesse et de combattre leur lâcheté, de prier leur
confesseur tic leur rappeler souvent F obligation de l'examen particulier et de les interroger soigneusement sur ce point. S'ils dirigent eux-mêmes quelques prêtres, nous les engageons à les presser vivement d'adopter l'usage de ce saint exercice. Nous quittons à regret cette matière, tant nous sommes frappé de sa haute importance.