‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 5 sur 46 · LES VERTES · texte numérisé non relu

LES VERTES

— Nous savons tous que si les vices nous souillent et nous corrompent, ce sont les vertus chrétiennes qui nous purifient. Les vices nous entraînent naturellement au mal ; les vertus chrétiennes, au contraire, nous ramènent surnaturellement au bien et nous y fixent. Elles sont donc un moyen puissant de sanctification, et sans elles la sainteté n'est qu'une ombre et une vaine chimère. Celui qui possède toutes les vertus et qui les pratique constamment par les purs motifs que la foi propose est un saint. S'il lui en manque une seule, ou si, les possédant toutes à un certain degré, il les viole quelquefois ou les pratique lâchement et par des motifs imparfaits, il s'éloigne plus ou moins de la sainteté selon qu'il étend ou qu'il restreint leur domination dans son âme.

Les vertus sont nécessaires à tout le momie, puisque tout le monde est obligé de combattre le mal et de pratiquer le bien, ce qui ne peut se faire que par les venus. Mais ceUe obligation est incomparablement plus rigoureuse pour le prêtre que pour le simple fidèle. L'excellence de sa profession, ses rapports intimes et continuels avec Dieu, le bon exemple qu'il doit aux peuples, les leçons de vertu qu'il donne publiquement en chaire et secrètement

au saint tribunal, l'abondance de grâces qu'il reçoit, la sainteté de vie sans laquelle son ministère est lauguissant ou stérile ; tout lui démontre l'indispensable nécessité de pratiquer les vertus, et de les pratiquer avec cette supériorité qui doit être son cachet propre, et le caractère distinctif de la dignité suprême dont il est investi.

Puisse-t-il se bien convaincre de ces vérités en lisant ce que nous allons dire sur la matière si importante des vertus ! Si nous ne consacrons pas à •chacune d'elles un chapitre spécial, c'est que nous savons quelquefois placé sous le même titre celles qui ont entre elles une sorte d'analogie ou des rapports intimes. Du reste, quand nous agissons ainsi, nous avons soin de mentionner en tête des chapitres les diverses vertus qui y sont occasionnellement traitées.

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