II
qui vous manque : riiorreur de l'oisiveté, et le goût du travail. L'avez-vous fait jusqu'à ce jour ? Non. Le voulez-vous faire désormais ? Oui. En ce cas, dans vos oraisons, dans vos examens, dans vos visites au saint sacrement, dans vos communions, dans tous vos exercices spirituels, dites et redites incessamment à Lieu : Donnez-moi, Seigneur, r horreur de la paresse et V amour du travail. Ce doit être là votre oraison jaculatoire habituelle, si vous voulez sincèrement opérer en vous la réforme dont la nécessité vous est si clairement démontrée.
— Que devez vous faire encore pour assurer le succès de votre entreprise ? Vous devez vous enchaîner par un règlement parliculier qui fixe nettement et les heures de travail, et la matière de ce travail, à chaque séance d'étude. Vous devez vous armer de courage pour rexécution de ce règlement, et implorer l'assistance de Dieu par une aspiration fervente quand vous serez tenté de le violer sans motif. Vous devez encore noter comme une faute capitale la moindre infraction à ce règlement; vous devez même vous en punir et vous en confesser.
— A propos de confession, vous devez appeler out spécialement l'attention de votre confesseur
sur ce point si important. Vous devez le prier de ne vous rien passer à cet égard. Vous devez lui faire connaître la guerre que vous avez déclarée à l'oisiveté. Vous devez lui soumettre votre règlement particulier et le supplier d'en presser vivement l'exécution. Vous devez même lui demander comme une grâce quelque pénitence spécirde pour chaque faute que l'oisiveté vous fera commettre.
— Peut-être feriez-vons bien d'aller aussi trouver votre supérieur pour lui exposer votre coté faible, pour lui faire part de vos dispositions, et solliciter de sa charité Fappui de ses exhortations et de ses conseils. Dieu vous récompensera de vos humiliants avenx, et bénira cet épanchement de votre misère dans le sein de celui qui a grâce pour la soulager.
— Il sera bon encore de fuir la société des paresseux qui vous ressemblent, et de ne fréquenter habituellement que ceux de vos condisciples qui ont la sainte passion de l'étude. Si vous êtes assez libre avec eux pour leur parler à cœur ouvert, vous leur confierez votre mauvais penchant ; vous leur demanderez des encouragements et des avis fraternels ; vous les prierez même de vouloir bien vous servir de moniteurs assidus et dévoués.
— Vous devez surtout cultiver la piété dans votre âme ; car la piété est utile à tout, dit l'Apôtre, Pietas ad omîiia utilis est, et elle est particulièrement indispensable pour la destruction du vice et l'acquisition de la vertu. Votre piété est fausse si vous prétendez l'allier à l'oisiveté qui est, dans l'état ecclésiastique plus que dans tout autre, un a[Treux désordre dont les désastreux effets sont incalculables. Vous n'avez été paresseux jusqu'ici que parce que vous avez manqué de piété ; vous cesserez de l'être si vous la cultivez désormais avec un saint zèle.
— Quand viendra l'époque si périlleuse des vacances, veillez dès le premier jour sur votre côté faible. Évitez avec le plus grand soin les visites inutiles et trop prolongées, la compagnie des per-
sonnes désœuvrées, les jeux et les festins qui absorberaient vos heures d'étude. Enfin observez avec une exactitude scrupuleuse le règlement des vacances que vous aurez adopté de concert avec votre directeur ; rappelez -vous souvent, ce qui est si vrai, que votre conduite pendant les vacances sera la représentation fidèle de votre conduite future quand vous serez prêtre.
Puissiez -vous, jeune et tendre ami, entrer généreusement dans ces dispositions et vous mettre ainsi à l'abri des dangers de toute espèce auxquels vous exposerait l'oisiveté si vous refusiez de la combattre ! Croyez-nous, jeune élève, ne faites pas la démarche décisive du sous-diaconat si vous ne sentez pas en vous-même l'iiorreur de F oisiveté et le goût du travail. Plusieurs étaient studieux au séminaire et sont devenus paresseux dans le sacerdoce : que penser de ceux qui, même au séminaire, n'ont pas l'amour de l'étude? Cette pensée fait frémir ; méditez-la souvent devant Dieu dans votre pieuse solitude.
(Voyez et, lisez avec grande atteutiuu dans la Pratique da zèle ecclésiastique, les chap. VIII et IX de la première partie, et dans le Saint Prêtre, le chap. V^ de la troisième partie.)