CHAPITRE XI
Le séminariste grossier, incivil et mal élevé.
Généralement, on peut dire que le prêtre est appelé à vivre au milieu du monde : c'est là qu'il doit déployer son zèle et exercer son apostolat. Il faut donc, non pas qu'il soit mondain, Dieu nous
garde de proférer une telle parole ! mais qu'il ^me le monde par un certain tempérament de bienséance et de simplicité qu'il est assez difficile de bien concilier. S'il est agreste et grossier, on le méprise; s'il est élégant et maniéré, on le railleet dans ces deux cas il paralyse les fruits de son divin ministère.
Le temps du séminaire est le temps des réformes : cest là qu'il faut s'étudier, se plier, se façonner, pour être plus tard ce que l'on ne serait .lamais si 1 on n avait pas pris, dès le principe, une direction convenable.
Essayons de faire bien connaître l'incivilité et le
J'^'^T Y" ^T'-^°' 1"' ™^"q"« à plusieurs autres . il est manifeste et saillant; il est même SI exteneur qu'on serait presque tenté de croire
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Voyons ses caractères.
Le séminariste incivil et grossier est quelquefois te par nature ; mais, le plus souvent.'sa lourdeur et sa grossièreté sont la conséquence d'une première éducation qui n'a pas été cultivée
Des qu'on le voit, on le juge. Se trouvant au semmaire avec plusieurs élèves qui n'ont point ses
dTcirste"^'^"'^^^^' °" -' -^-^-'^-P ^-PP'^ Il a presque toujours le verbe très-haut. II devrait parler moins que les autres, et, au contraire, ce tlu. qui donne le ton dans les conversations Il est très-fort sur les grosses plaisanteries qui
provoquent un gros rire : il a une ample provision de dictons populaires qu'il prend pour des bons mots, et qu'il débite avec un laisser-aller qui touche de bien près à la trivialité.
Il manie sans façon l'épigramme ; mais malheur à celui contre qui il la dirige ! Ses épigrammes ne sont pas des traits aigus, ce sont des massues : elles ne percent pas, elles assomment.
Il est fort redouté dans les discussions ; sa voix domine toutes les autres, et cet ascendant, qui n'est pas son moindre argument, exerce une telle compression sur ses adversaires, qu'ils aiment mieux s'avouer vaincus que d'en venir^aux mains avec ce rude jouteur.
Gardez-vous de le contredire ou de le froisser, car le premier mot qu'il vous adresserait serait presque une injure.
Il se permet souvent des bouffonneries très-messéantes ; il raconte des anecdotes plus que légères, et laisse échapper des expressions qui étonnent et scandalisent même ses condisciples.
Il contrefait les paysans, les hommes du peuple, et connait si bien leur langage, qu'en l'entendant on croit les entendre eux-mêmes.
Quelquefois, dans l'intimité, il hasarde une chansonnette un peu grivoise qu'un élève ecclésiastique ne devrait jamais se permettre.
Quant à ses actes extérieurs, ils marchent de pair avec ses paroles. La modestie, qui doit être, par excellence, la vertu d'un élève du sanctuaire, lui est à peu près inconnue. Il y a je ne sais quoi de lourd et de rustique dans son allure qui déjà lui ravit le respect que commande la bonne tenue.
Il aime le jeu ; mais les jeux qu'il préfère sont ceux qu'il devrait s'interdire. 11 frappe ses condisciples sur l'épaule, il les pousse, il leur prend la main d'un air de camaraderie, et quelquefois même se faisant lutteur, il se livre cavalièrement aux exercices du pugilat.
Pendant les promenades et même dans les rues de la ville, il ne s'impose aucune retenue ; il regarde tout ce qui l'entoure ; il rit bruyamment de ce qu'il voit ou de ce qu'il raconte, et si tous les séminaristes étaient aussi peu modestes que lui, la rencontre de cette assemblée d'élèves ecclésiastiques ne serait rien moins qu'édifiante pour les gens du monde.
Pendant les vacances, il est à peu près ce qu'il était avant d'entrer au séminaire. On s'attendait à le trouver modeste, réservé, mesuré dans ses paroles, dans sa tenue et dans l'ensemble de sa conduite ; mais il n'en est rien. Toujours même épanchement, même jovialité, mêmes bouffonneries. Il passe des heures et presque des jours avec des personnes de bas étage, dans des maisons où sa présence n'édifie guère. C'est là qu'il seplait, et cela se conçoit ; il a dans ces maisons ses coudées franches, selon l'expression vulgaire ; il y prend des récréations selon ses goûts ; il y parle tout à son aise et il y rit à gorge déployée sans la moindre contrainte.
Il est dans son habillement d'une négligence qui dépasse notablement les bornes de la simplicité. Ses vêtements sont sales, déchirés et couverts de taches. Sa chevelure est dans un désordre qui ne fait pas plus que tout le reste l'éloge de sa propreté.
Bref, l'ensemble de son costume et de sa personne extérieure fait sourire ceux qui ne gémissent pas, et annonce tout d'abord un jeune homme mal élevé. Si vous entrez dans sa cellule, vous la trouvez en rapport parfait avec les habitudes de celui qui l'habite. Tout y est en désordre ; rien pour ainsi dire n'y est à sa place, et dès le premier coup d'œil, vous avez l'idée de la négligence et de la saleté. On voit assez, par tout ce qui précède, qu'un tel séminariste doit être complètement étranger à ce qui s'appelle égard, politesse, tact, complaisance et délicatesse de sentiments. Ces aimables convenances, dont la bonne éducation fait un devoir et que la loi chrétienne recommande comme autant de liens sociaux, ne sont nullement de son goût ; ce sont, selon lui, des espèces de minauderies audessus desquelles il s'élève de toute la hauteur de ses dédains : aussi le regarde-t-on généralement comme im rustre qui, devenu prêtre, ne sera pas même à sa place au fond d'un village.
Faut-il s'étonner si, faisant quelques visites à des personnes du monde pendant les vacances, il les affecte péniblement par sa mauvaise tenue ? Quand surtout il s'affranchit des règles de la civilité dans la manière dont il se présente, dans les conversations qu'il tient, dans les licences qu'il s'accorde, dans une multitude d'inconvenances et de gaucheries qui lui échappent, comment peut-il se soustraire au reproche de grossièreté qu'on lui fait à si juste titre ? Comment peut-il compter sur le respect, l'estime et la confiance des peuples ?
Tel est, sans exagération, le portrait d'un séminariste incivil et mal élevé. Il dira peut-être qu'on
a vu chez plusieurs saints cet extérieur négligé dont nous voulons lui faire opérer la réforme. Nous répondrons que, communément, les saints observaient la loi des convenances ; qu'ils l'observaient surtout quand, comme le prêtre, ils étaient appelés à vivre au milieu du monde et à fréquenter les classes élevées de la société. Nous répondrons, en se condlieu, que plusieurs saints, tels que saint Jérôme, saint Ambroise, saint Grégoire de Nazianze, saint Bernard, saint Bonaventure et d'autres encore, sont entrés dans les plus petits détails sur les points que nous avons signalés, et ont, à cet égard, tracé des règles bien plus étendues que celles que nous venons de tracer nousmème. Nous répondrons enfin que les saints qui étaient un peu négligés dans leur extérieur, rachetaient cette négligence par une sainteté si éminente qu'elle ravissait tout le monde, sainteté qui, malheureusement, n'est pas pour l'ordinaire l'apanage du séminariste dont il est ici question.
Il dira peut-être encore que cette négligence, après tout, n'est pas un péché, qu'elle peut s'allier avec une vertu solide et qu'elle est à peu près sans conséquence. Nous ne saurions mieux répondre à cette objection qu'en montrant les effets du défaut dont nous venons d'assigner les caractères.
Si vous vous êtes reconnu dans le tableau qui vient de vous être présenté, voici, jeune ami, l'avenir qui vous attend.
Yous serez raillé et méprisé par les gens du n. 16.
monde. Ils s'amuseront à vos dépens dans leurs sociétés, et au lieu de les gagner par votre modestie et votre bonne tenue, vous les rebuterez par votre ton, vos manières et votre ignorance absolue de ce qu'ils appellent le savoir-vim^e .
Si vous avez des qualités et même quelques vertus réelles, ou elles seront suréminentes ou elles seront ordinaires. Si elles sont suréminentes, on en fera l'éloge ; mais, après cet éloge, on exprimera le regret que vous altériez ce qu'il y aura de bien en vous par des défectuosités choquantes ; si vos vertus sont ordinaires, on n'en dira rien et l'on ne parlera de vous que pour s'égayer par de mordantes critiques.
Vous enfreindrez les premiers devoirs de la civilité, soit par des paroles inconvenantes, soit par la suppression de visites indispensables, soit par quelques manques de complaisance et d'égards que le monde considère comme des fautes notables.
Vous n'aurez pas même l'estime du menu peuple dont vous vous croirez l'idole. Les gens de cette classe aimeront sans doute à causer et à rire avec vous ; mais, au fond, ils trouveront que vous descendez trop bas dans l'échelle de la simplicité ; car s'ils veulent qu'un prèlre soit bon et affable envers chacun, ils veulent qu'il soit digne, modeste et réservé envers tout le monde.
Vous aurez bien plus de laisser-aller encore dans le monde, que vous n'en aviez pendant le temps de votre séminaire. Familiarisé avec un certain jargon populaire que vous aurez adopté de vieille date, vous vous permettrez des expressions fort peu mesurées ; et ces expressions, relevées par
la malignité, seront colportées de cercle en cercle et vous feront une réputation d'incivilité fort nuisible à votre ministère.
Vous blesserez votre curé et vous encourrez sa disgrâce par l'absence complète d'attentions et d'honnêteté, souvent même par quelques-unes de ces expressions souverainement déplacées dont le souvenir ne s'efface jamais entièrement.
Vous blesserez plus encore vos vicaires, quand vous serez curé, par la rudesse de vos formes, l'amertume de vos reproches et la verdeur de vos réprimandes.
Votre maison sera tenue, non pas comme le doit être la maison d'un ecclésiastique, mais comme l'est la maison d'un homme du peuple sans éducation. Elle ne respirera que la saleté, et l'on y trouvera tout, excepté l'ordre et la propreté qui devraient en être l'ornement.
Vos vêtements seront négligés plus encore qu'au séminaire, et, sous ce nouveau rapport, vous choquerez ceux qui vous verront, par une mise inconvenante dont chacun fera la matière de diverses railleries. Vous direz adieu au rabat et à la ceinture, et la couleur native de votre soutane disparaîtra sous les taches dont elle sera couverte.
Votre église sera le pendant de votre maison. Dès qu'ils y entreront, ceux-là même qui ne vous connaîtront pas, devineront que l'ordre et la propreté ne sont pas les traits qui vous caractérisent. Ils gémiront sur le délabrement et la saleté dont la maison de Dieu leur offrira le triste spectacle, et vous seul ne verrez pas ce qui frappera tout le monde.
Votre sacristie surtout vous peindra au naturel. Elle sera la reproduction exacte de votre chambre ou de votre ancienne cellule du séminaire. Si quelque visiteur s'y présente et témoigne le désir de voir vos ornements, vous tâcherez d'éluder sa curiosité, sachant bien que vous n'aurez à lui montrer que des lambeaux, signe trop manifeste de votre incurie.
La chaire elle-même sera le théâtre de votre mauvais goût. Vous y ferez entendre des trivialités indignes d'elle, des comparaisons trop familières, des tirades trop peu voilées sur certains vices, et même des personnalités si directes, qu'elles vous attireront des reproches violents et presque toujours des inimitiés dont vous n'aurez pas le droit de vous plaindre.
Vous parlerez aux enfants dans vos catéchismes comme un maître qui se respecterait ne voudrait pas parler à ses domestiques ; vous les humilierez par des grossièretés indignes d'une bouche sacerdotale ; vous vous permettrez même peut-être des voies de fait, ce qui n'est pas sans exemple, et ces mauvais traitements venant à la connaissance de leurs parents, les révolteront et les indigneront, contre vous.
Votre manque d'éducation vous inspirera, en mille circonstances, de Tamertume et de la hauteur. Vous soulèverez des discussions intempestives, entraîné que vous serez par l'amour de la dispute. Vous serez impétueux dans l'attaque, blessant dans le débat, tenace et opiniâtre dans le soutien de vos opinions, et irréconciliable dans vos ressentiments.
Enfin vous perdrez par votre âpreté de mauvais ton, par vos récriminations sans mesure, par vos discours acerbes et emportés, ce que vous pouviez aisément gagner par un heureux mélange de prudence, de douceur, de charité, de bienséance et de modestie.
Direz-vous encore, jeune et tendre ami, que le défaut qui vous est signalé peut sympathiser avec une vertu solide et qu'il est à peu près sans conséquence? Non sans doute ; vous serez au contraire frappé des effets qu'il produit, et vous recourrez avec empressement aux moyens de le détruire.
— Si vous êtes sujot au défaut que nous combattons, commencez par vous bien convaincre qu'il règne en vous. Malheureusement ce n'est pas chose aisée ; car il est d'expérience que ce défaut, si saillant aux yeux des autres , échappe presque toujours à celui qui en a contracté l'habitude. Examinez-vous donc avec attention ; rendez-vous un compte exact de votre manière d'être en ce qui touche vos conversations , vos jeux et vos récréations, votre habillement, votre démarche, l'ensemble de votre personne extérieure, la tenue de votre cellule, vos relations avec le prochain, avec les classes supérieure, moyenne et inférieure. Ces diverses considérations, si elles sont sérieuses, approfondies et fréquemment renouvelées, vous révéleront ce qu'il y a chez vous de répréhensible relativement au défaut qui nous occupe.
— ■ Pour vous éclairer mieux encore, comparez-
vous, sur les divers points dont nous venons de parler, à quelques-uns de vos condisciples qui sont irréprochables à cet égard. Voyez si vous retracez en votre personne leur modestie, leurs conversations mesurées, leur bon ton, leurs manières simples, mais toujours dignes et convenables , et notez avec soin les traits qui brillent chez eux et que vous ne remarquez point en vous-même.
— Allez plus loin encore, et, toujours pour vous éclairer, adressez-vous à lun de vos supérieurs et à quelques-uns de vos condisciples, les priant instamment de vous dire rondement et sans détour ce qu'ils remarquent en vous de choquant, sous le rapport de la modestie et de la bonne tenue.
— Quand vous saurez positivement à quoi von s en tenir, et que vous verrez clairement ce qui appellera une réforme, convainquez-vous, par les réflexions qui précèdent, de la nécessité de l'opérer. Pesez devant Dieu ces paroles de son Apôtre : Modestia vestra nota sit omnibus hominihiis. Rappelez-vous que la modestie seule est une éloquente prédication, qui concilie T estime des peuples aux ecclésiastiques qui la possèdent, et que l'immodestie et la grossièreté produisent infailliblement des effets tout opposés.
— Cela fait, veillez et combattez. Yeillez d'abord sur vos paroles. Considérez la matière et la forme de vos conversations , le ton de votre voix , vos discussions , vos railleries de mauvais goût, vos expressions inconvenantes et triviales; puis combattez sans ménagement la tentation que vous aurez de vous permettre ces blâmables écarts.
— Veillez sur tout ce qui regarde la composi-
tiondii visage. Évitez les mouvements de tète brusques et fréquents; n'ayez poiutles yeux égarés ou arrêtés trop fixement sur les personnes que vous regardez, et tenez-les pour l'ordinaire un peu baissés. Évitez les éclats de rire, qui prouvent qu'on s'oublie ; mais évitez aussi l'air sombre et mélancolique, qui annonce qu'on souffre ou qu'on s'ennuie. Enfin réalisez en vous ce conseil si sage de l'auteur des Exameris particuliers. « Ayez, dit-il, un visage gai, » serein, ouvert, tranquille, sans gène, sans con- )) trainte, qui ait un certain air de bonté, de dou- )) ceur et de piété, capable de gagner les cœurs et » de les porter à Dieu. »
— Veillez sur votre contenance et votre posture. Tâchez de voir commentvous êtes sur ce point; comment vous vous tenez quand vous êtes assis, quand vous êtes debout, quand vous marchez, quand vous conservez, quand vous jouez, etc. Soyez sur, si vous avez le défaut que nous combattons, qu'il y a bien des réformes àopéreren vous sous ces divers rapports. Que de fois nous avons entendu des personnes du monde bien élevées s'écrier, en parlant d'un ecclésiastique qu'elles n'avaient pas eu l'occasion de voir jusque-là : Quel mauvais ton ! quelles mauvaises manières! quel mauvais genre! ou, au contraire, quand elles entrouvaient un tout différent : Quelle bonne tenue ! quel air aimable ! quelle édifiante modestie!
— Voyez si votre costume est convenable ; s'il n'est pas négligé jusqu'à la saleté ; s'il ne forme pas un contraste trop frappant avec celui de vos condisciples qui se distinguent par une simplicité décente dont tout le monde fait l'éloge, et rectifiez sur ce point tout ce que vous verrez de messéant.
— Observez-vous encore quand vous faites quelques sorties en ville, quand vous êtes en cours de visites, et tâchez de voir s'il n'y a point, en ces circonstances, quelque chose de lourd et d'agreste dans votre démarche, dans votre ton, dans votre contenance et vos manières. Tout cela demande de l'attention du tact ; mais tout cela est important, et nous pourrions vous citer une foule de saints et de conciles qui sont entrés bien plus minutieusement que nous encore sur les divers points que nous vous signalons.
— Voyez aussi quelle est votre tenue à l'église. Que de négligence quelquefois à cet égard, même dans l'enceinte du séminaire ! Quelle légèreté dans les regards ! quelle immortification dans la posture 1 quel disgracieux abandon dans le marcher, dans l'attitude, et même à l'autel dans les cérémonies qui exigent tant de décence et de pieuse modestie !
— Ne vous persuadez pas aisément que vous êtes irréprochable sur le point que nous traitons : c'est une illusion très-commune et qui rend inutiles les conseils du zèle et de l'expérience. Pensez, au contraire, que quelque modeste que vous soyez, vous saisirez encore par ci par là certaines négligences, si vous avez incessamment l'œil ouvert sur votre personne extérieure.
— N'alléguez pas non plus, pour vous soustraire aux réformes qu'exige la modestie, que devant, selon toute apparence, exercer le saint ministère dans les campagnes, vous pouvez vous dispenser de considérer la bonne tenue comme un point capital. Ce serait encore une grande illusion. Les
paysans méprisent bien vite ceux qu'ils n'estiment pas : ils sont souvent sales et grossiers ; mais ils ne veulent pas qu'un prêtre leur ressemble. Croyeznous, jeune ami, nous avons entendu bien des fois des hommes.de la campagna, qui n'avaient aucune éducation, tourner en ridicule et flétrir par des critiques mordantes les prêtres qui, par leur immodestie, ne faisaient pas respecter le sacerdoce en leurs personnes,
— Lisez, de temps en temps, quelques traités de civilité. Ces livres ne sont pas assez souvent entre les mains des séminaristes. Si, de fois à autres, ils les voulaient parcourir, jamais ils ne les liraient sans y apprendre quelque chose pour la réforme de leur extérieur.
— Méditez enfin cet avis si sage de l'auteur du Directoire du Preuve : « Le prêtre est, par excel- » lence, l'homme de bonne compagnie ; mais pour » être irréprochable en public, au point de vue de » la politesse, il faut s'efforcer de l'être en son » particulier : sans s'en apercevoir, on porte en » société toutes les habitudes défectueuses de la » vi€ privée. »
(Voyez Pratique du zèle ecclésiastique^ première partie, ch. rv, page 51.)
(Voyez aussi Politesse et convenances ecclésiastiques, par im Supérieur des éminaire.)