‹ Œuvres complètesChapitre 28 sur 55 · II · texte numérisé non relu

II

ment de ce qui vient d'être dit, et leur santé, aussi bien que leur àme, se trouve parfaitement de cette privation.

— Ne quittez point le séminaire sans avoir consulté tout spécialement votre directeur sur l'article si grave des festins. Priez-le de vous tracer luimême votre conduite à cet égard, et tenez ferme aux saintes règles que son expérience et son zèle lui auront inspiré de vous prescrire.

— Habituez-vous à traiter un peu sévèrement votre corps. Tous ne ferez jamais aucun progrès marqué dans la piété, si la mortification corporelle est pour vous une vertu purement idéale et théorique. L'habitude de la mortification en général vous rendra la pratique de la sobriété beaucoup plus facile, et, pensez-y, jamais vous n'arriverez à la perfection si vous êtes sensuel. « Tous les saints, dit saint Léon, ont débuté dans la carrière de la sainteté pai' la mortification du goût. »

— Soyez sur vos gardes pendant les vacances. Elles sont, pour le séminariste, le reflet anticipé de sa vie sacerdotale. Si, par malheur, vous faisiez, pendant ce temps, quelque nouvel excès en fait d'intempérance, ne manquez pas d'en instruire votre confesseur du séminaire, qui doit prononcer bientôt sur le point si important de votre vocation. Ceci n'est pas un simple conseil, c'est une obligation rigoureuse à laquelle on croit quelquefois pouvoir se soustraire quand on s'est confessé de sa faute à son confesseur du monde. 11 peut se faire, sans doute, que cette faute ait été remise par l'absolution que vous en avez reçue pendant les vacances ; mais votre confesseur du séminaire, avant devons

admettre aux saints ordres, a besoin de savoir s'il n'y a pas eu de votre part quelque rechute, à l'occasion d'un péché qui peut-être lui a déjà donné de sérieuses inquiétudes sur votre vocation.

— Pendant les vacances encore, fuyez les grands repas au lieu de les rechercher. Ne faites pas brèche au règlement que vous avez adopté ; et quand vous croirez pouvoir, sans l'enfreindre, assister à quelque dîner de cérémonie, édifiez par votre tempérance, imposez-vous quelque privation, et ne vous laissez pas entraîner par l'exemple de ceux qui se permettent ce que vous avez promis à Dieu de vous interdire.

— Enfm, si votre directeur n'y voit pas d'inconvénient, observez un jour de jeune par semaine, le vendredi, par exemple, en mémoire de la passion du divin Sauveur.

Avec ces précautions, jeune et tendre ami, vous conserverez intacte la vertu de tempérance, vous tiendrez vos passions en bride, et vous édifierez les peuples par la sobriété dont vous leur donnerez le salutaire exemple.

(Voyez le Saint Prêtre, deuxième partie, eh. IX, page 231.)

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