‹ Œuvres complètesChapitre 37 sur 55 · IX. — Réveil, lever, huLillement · texte numérisé non relu

IX. — Réveil, lever, huLillement

Dès que vous serez éveillé et que l'heure de votre lever sera venue, prenez de l'eau bénite, (toujours un bénitier chez les prêtres, presque jamais d'eau bénite dans le bénitier), faites le signe de la croix lentement et dévotement ; donnez votre coeur à Dieu de la même manière, pesant et goûtant chaque mot et vous figurant voir Jésus qui ouvre la main pour recevoir le cœur que vous lui offrez. Cette courte prière est excellente quand elle est bien faite : proposez-vous, en la récitant, de consacrer à Dieu tout votre être et toutes vos œuvres de la journée.

Cela fait, levez-vous sans le moindre retard. Si vous délibérez tant soit peu, le résultat de la délibération sera toujours au profit de la nonchalance, et vous commencerez la journée par un acte de paresse qui vous privera déjà de bien des grâces. Écoutez votre bon ange qui vous dit ce qu'un autre ange dit autrefois à Pierre dans sa prison : Surge velociter. On voit des prêtres qui passent chaque matin un temps considérable dans leur lit, occupés de vaines pensées, ou faisant quelques lectures

qui ne sont pas en leur temps, in temporc non suo, et qui ne se lèvent que quand il leur est plus pénible de rester au lit que d'en sortir. Demandezleur comment se font leurs oraisons et comment ils célèbrent le saint sacrifice après une préparation de cette nature. Pour vous, notez cette lâcheté comme faute notable et un signe de relâchement.

En vous habillant, modestie parfaite. Souvenezvous que vous êtes prêtre, et qu'en le devenant, vous avez épousé la sainte chasteté qui s'alarm.e d'un regard quand il est indiscret.

Réoitez quelque psaume, par exemple, celui des Laudes du dimanche : Beus, Dcus meus y ad te de luce vigilo, ou bien la prose Veni, sancte Spiritiis. Nous avons connu un prêtre qui disait mentalement cette prose tous les jours en s'habillant, et qui en méditait chaque strophe avec un grand profit spirituel.

?^''oubliez pas les soins de propreté ; il y a des prêtres qui les négligent tellement, qu'on se demande en voyant leurs mains s'ils n'ont pas oublié de les laver. D'autres négligent entièrement une partie de leur corps beaucoup plus précieuse qu'ils ne pensent : nous voulons parler des dents ; jamais ils ne les nettoient. Qu'arrive-t-il do là? Elles s'altèrent, elles tombent, et l'exercice de la parole ne se fait plus avec régularité : avis aux prédicateurs. D'un autre côté, en se gâtant elles répandent une odeur infecte dont ils ne s'aperçoivent pas, mais dont les pénitents sont fort incommodés : avis aux confesseurs. Ne contractons pas l'habitude de la malpropreté, elle viendra toujours assez vite avec les années. On dira peut-être que nous tombons

dans la minutie; nous ne croyons jamais être minutieux quand nous sommes utile. Or ici nous croyons lèire ; et nous irions même, en fait de propreté, jusqu'à citer ces paroles que TEsprit saint a employées dans un autre sens : Qui spcniit modica, paulatim decidct.

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