XIX. — Admiuistration du sacrement de Péuitcncc
Vous le voyez, nous allons tout d'abord à ce qui vous inquiète davantage. L'idée d'entrer au saint tribunal vous saisit; les plus petites circonstances de la confession vous semblent embarrassantes : que dire au premier pénitent qui se présentera ? comment le recevoir ? quelles questions lui faire ? Soyez tranquille, tout cela va s'aplanir; car nous allons entrer dans les plus menus détails.
Inous supposons que vous avez la science au moins suffisante, que vous possédez bien la théologie morale, que vous avez repassé tout récemment le traité du Décalogue et ce qui regarde les péchés capitaux. Nous supposons de plus que vous avez lu et même étudié un long examen de conscience, qui vous a appris les questions principales qu'il faut faire sur chaque commandement. Nous supposons enfin que vous savez imperturbablement la formule de fabsolution et que, dans la prévision d'un trouble qui n'est pas rare, vous avez écrit cette formule pour la lire au besoin.
Tout étant ainsi disposé, on vous annonce que vous êtes attendu au confessionnal. En apprenant
cette nouvelle, dites en vous-même : Dieu soit loué! Je vais travailler au salut des pécheurs . Adoptez Fusage de cette aspiration, et produisez-la toutes les fois que vous serez demandé au saint tribunal; cela vous empêchera de donner en ces circonstances des marques de mécontentement qui sont loin d'édifier ceux qui en sont témoins : ce sera d'ailleurs déjà, une direction d'intention trè.sconvenable et que Dieu bénira.
Ilevétu du rocîiet, allez au pied de Taulel réciter la prière préparatoire du rituel, et, outre cette prière, faites-en une mentale, courte, mais trèsfervente, pour demander à Dieu qu'il vous bénisse ainsi que les pénitents que vous allez entendre. — Vous pourriez ajouter : «Accordez-moi, Scig-neur, » par rintercession de Marie, de mon bon ange et » des bons anges de mes pénitents, lumières, » prudence, douceur, patience, charité et chasteté. » Amen. »
Au reste, quelle que soit la forme de votre préparation, Tessentiel est que vous en fassiez une, et que vous la fassiez avec beaucoup do dévotion intérieure et extérieure. 11 est Irès-fàcheux que des prêtres, et de bons prêtres, s'alfranchissent sans façon de cette préparation. On les voit, après une conversation souvent frivole à la sacristie, se rendre au confessionnal sans se recueillir un seul instant au pied de l'autel, pour penser à ce qu'ils vont faire. N'agissez pas ainsi; édifiez vos pénitents, qui tous vous oi)scrvent, par une pieuse préparation. Vous ne vous dispenserez jamais de ce devoir, si vous êtes toujours vivement pénétré de l'importante fonction que vous allez remplir. II. 23
Cette préparation faite, dirlg-ez-vous versle coiifcssionual sans précipitation et les yeux modestement baissés.
La confession va commencer : quand la bénédiction vous a été demandée par ces mots : MoaPèrc, bénissez-moi parce fjuc f ai péché, prononcez la formule do bénédiction : Dsussit in corde tuo, etc., et restez en silence jusqu'àce que le pénitent ait achevé la première partie du Confiteor. C'est ici que les confesseurs qui débutent éprouvent quelque embarras. Nous recommandons à nos jeunes lecteurs d'adopter, pour tout le temps qu'ils exerceront le saint ministère, la méthode que nous allons leur proposer. Nous croyons d'abord que le confesseur doit prendre le premier la parole; cela met déjà le pénitent à Taise et diminue l'appréhension dont il est quelquefois saisi quand il est timide. Il y a des confesseurs qui ne disent pas \\\\ mot aux pénitents au début de la confession; ils les laissent s'expliquer comme ils peuvent et ne semblent pas s'apercevoir de leur timidité et de leur trouble. Ne vous conduisez pas de cette manière; diles, par exemple : « Comme c'est la première fois que vous » vous confessez à moi , il est possible que vous » éprouviez un peu de crainte et d'embarras : cela » n'est pas étonnant;- mais soyez tranquille, mon » enfant ; je me charge de vous interroger, ne vous » troublez point. Quels que soient les péchés que » vous ayez commis, je vais les entendre avec la » plus grande douceur et vous rendre la paix si » vous l'avez perdue. » Cette précaution est excellente à l'égard des nouveaux pénitents. Commencez ensuite le dialogue suivant :