‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 14 sur 279 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

traite encore en alexandrins deux longues dédicaces au roi Henri II et une ode. Mais ce vers, que Ronsard a contribué plus que tout autre à réhabiliter au détriment du décasyllabe, il ne l'a pas décoré du titre d' « héroïque » avant la deuxième édition des Meslanges, que je date de mars I5S5- Nous le retrouverons ainsi qualifié dans la Continuation des Amours et dans les Hymnes, et Ronsard lui accordera dorénavant la préférence dans ses sonnets aussi bien que dans ses œuvres de quelque étendue, épîtres, églogues, élégies, poèmes et discours'. — A ce propos, qu'on nous permette d'insérer ici une remarque qui n'a pu trouver place dans nos notes de VHinne de Baciis : la mention « traduit en vers héroïques », dont la deuxième édition des Meslanges fait suivre le titre de cet hymne, ne signifie pas que Ronsard l'a traduit de VHymnus in Bacchiim publié par Dorât la même année ; c'est l'inverse qui eut lieu, Dorât ayant fait suivre le titre de son hymne latin de cette indication qui ne laisse aucun doute : « expressus ex gallico Ronsardi. » Ronsard a voulu dire ou bien que son hymne est traduit en partie de VHymnus Baccho de MaruUe, ou plutôt qu'il l'a transposé en vers alexandrins à rimes plates de ses Dithyrambes publiés en vers libres à la suite des Folastries

de ISS3-

Est-il enfin, pour l'histoire de l'école Ronsardienne, un document plus instructif que ces pièces du Bocage et des Meslanges ? D'abord, elles nous apprennent que dans la deuxième moitié de 1553, la Brigade s'augmenta de Magny, Pangeas, Brinon et Charbonnier, auxquels se joignirent très probablement en 1554 Jean Nicot, Guy de Bruès, Revergat, Rubampré, Choiseul et Estienne Pasquier >. Ce qui est piquant, c'est de voir Ronsard admettre

1. Si, par une singulière contradiction, dont il n'est pas d'ailleurs responsable, Ronsard adopta, dix ans plus tard, le décasj'llabe pour sa Franciade, nous savons que son intention première fut toute différente et pouvons affirmer à coup sûr, que, s'il en rédigea quelques parties avant 1565, ce fut en vers alexandrins : H. Estienne nous a conservé une tirade qui remonte au règne de Henri II (Précellence du langage français, éd. de 1579, P-24)-

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