XX INTRODUCTION
Hntrjnt le peuple en le» sacrcx Bocjgcs Dont les sommets montent jusques aux nues, Par l'cspesseur des plantes inconnues Trouvoit la nuict au lieu de frais ombrages.
Or se mirant le long des beaux rivages. Où les neuf Sœurs à ton cli.int sont venues. Herbes et fruicts et fleurettes menues Il entrelace en cent divers ouvrages.
Ainsi, Ronsard, ta trompe clair sonnante Les forcsts mcsme et les monts cspouvante, Et ta guiterre csjouit les vcrgiers.
Quand il te plaist tu esclaires et tonnes : Quand il te plaist doucement tu resonnes. Superbe au ciel, humble entre les bcrgicrs '.
11 reste à présenter deux ou trois remarques sur le texte primitif des deux recueils réédités dans ce volume et sur les notes qui accompagnaient leurs sonnets dans les anciennes éditions collectives.
L'auteur ou l'imprimeur semble avoir préféré de beaucoup la graphie plionétique de 1550 à la graphie étymologique ou pseudo-étymologique de 1352. On trouve encore des vestiges de cette dernière (piensfaict:^, oisifs, hault, sçavoir, loix, gyron, laict, fritict, etc.); mais le plus souvent les lettres parasites, ou non prononcées, ont disparu, le ph est remplacé par un f, l'y par un i, l'x final des adjectifs par uu s ; parfois le groupe de consonnes st ou et subit l'assimilation de la première à la seconde : alaitta pour alaicta, affetlé pour affecté, cette pour C(ste, gitte pour giste, vuttier pour tiiestier, parfaitte pour par/aide. Au reste, pas d'or-
I. Bibl. Nat. mss. fr. 8S5 : « Livre de vers que le Roy Henri Second avoit donné à Diane de l'oitiers, duchesse de Valciuinois, sa maistresse. » On trouve ce sonnet au f" 178 V. Je ne crois pas que l'on puisse douter de son authenticité, vu que toutes les pièces contenues dans ce manuscrit offrent les divers caractères des œuvres dûment authentiquées de M. de Saint-Gclais, qu'un certain nombre de celles-ci y figurent et que les dates qu'on rencontre s'i et l.'i dans les titres ne dépassent pas décembre i)57, sans parler d'autres indices non moins probants.