Allusion à la comcdie Jes Grenouilles d'Aristophane
2. Le mot (( vhics • de la viiriante Je 1578 est calque sur le latin taies, qui signifie poète inspiré, interprète des Dieux, comme l'indique d'ailleurs une note marginale de Konsard.
3. Depuis le vers 157 ce passage est inspire d'Horace, Carm. II, xix, 21-28.
4. Cf. Hymnes orfihiqiies, xxix, XLII, XI.III, xlvii, xiix ; Hymnes homériques, xxvi ; Ovide, Met. IV, it-t7; Fasl. III, 775 ; et dans la présente édition le tome V, pp. 58, 69-70.
Mais, Père, tout soudain que la terre nouvelle Sentit tes pieds divins qui marchoient dessus elle, (Miracle) tout soudain fertille, elle produit 176 La vigne hérissée en fueilles & en fruit. Ht là ta main proigna ' une haute coutiere Q.ui de ton nom Denis eut nom la Denisiere ^.
Père, où me traines-tu, que veux-tu plus de moy î ?
180 Ht, Père, n'ai-je pas assez chanté de toi ?
Evôé je torcene, ah je sens ma poitrine [21 r'^]
l'ieine plus que davant de ta fureur divine, Ah, Bassar, je te voi, & tes yeux rougissans,
18 1 Ht flottant sur ton col tes cheveux blondissans.
177. yy B-jS Là ta main provigna ] S4SJ Où ta main fist prougner 180. S i-Sj Ht quoy? n'ay-je pas, Perc, assez cliniité de toy 1S2. S i-Sj (Chaude des gros bouillons de ta fureur divine
1. I-ornie dialectale pour provigiier. On dit encore dans le Vendômois, l'Anjou, la Touraine et le Berry : l>rogiier, prougner, firoiiiiier et pcrouiner.
2. Denis, ou plutôt Denys (v. !e tome V, pp. 18, 69), est la transcription du nom grec de Bacchus, A^ovuio;. — Quant au manoir de la Deiiysière, proche de celui de la Possonnicre, où nai.]uit Ronsard, il possédait sur son coteau un vignoble renommé. Il appartenait aux Ronsart de Roches (paroisse de Sceaux près de la Ferté-Beriiard), mais relevait de la Possonniére. — A. Jamyn a repris à son compte l'étymologie ronsardienne de la Denysière dans une ode En l'honneur de Bacchus :
Aussi l'on dit que tu passas Le long du Loir et que laissas Ton beau nom à la Dcnvsiere, Voisine de la Possonniére, Et commandas que les raisins Chargeassent les coutaux voisins.
3. Ici commence un dithyrambe, dont les six premiers vers rappellent le début de deux odes d'Horace, Carm., II, xix et III, xix, et tout le reste jusqu'à la fin de l'hymne est paraphrasé de Marulle, Hyntui, I, vi, Bacrho. — D'ailleurs Ronsard n'a fait que transposer ici en vers alexandrins réguliers la 2'-" partie des Dithyrambes qu'il avait composés en vers libres pour « la pompe du bouc de Jodelle » en février i5)3. ^'oir dans la présente édition le tome V, pp. 64 et suiv. ; on y trouvera dans les notes, le texte néo-latin. Voir aussi la confrontation des trois textes dans mon Ronsard poc'.e lyrique, pp. 755 et suiv.
l86 LES MESLANGES
O Cuisse-nc ' je perds mon vaj^abond courage. Oui suit ton saint orgye envolé de ta rage, Je scn mon cœur trambler, tant il est agité
i88 Des poignans aiguillons de ta divinité.
Donnés moi d'une part ces Cors & ces Clochettes, Ces tabours d'autre part, de l'autre ces Sonnettes, Qu'un béguin couleuvre me serre les cheveux,
192 Hérissés de Ihierre entrefrisé de neuds,
Kt que l'esprit d'Eole en soutlant les tourmante, Corne la fueillc esparse es arbres d'Erymante. Il me semble desja que de pieds mal certains,
196 Sans mesure & sans art matassinant * des mains, Dancent autour de moy les folles Edonides, Par les desers negeux des rivages Ebrides, Urlans en voix aiguë, & par force joignans
200 Leurs chefs ecervelés sous les tyrses poignans.
Et moi vague d'esprit souflant à grosse halene. Conduit de trop de vin, je cours parniv la plene (Au moins il le me semble) alant chantre davant
204 Ton orgie sacré, qui mes pas va suivant. Orgie ton mystère aus peuples admirable,