‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 3 sur 279 · INTRODUCTION' VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION' VII

une aisance remarquable, Ronsard rencontrait la note juste et réussissait la mise au point : il écrivait l'ode de dix-huit vers, Mignonne, allon voir '. A partir de ce moment, sans toutefois pouvoir se flatter souvent d'un pareil bonheur, il laissa de côté les longues odes, au moins pour un temps. Il ne crut pas déroger en écrivant des bluettes à la façon des chansonniers de la Grèce et de leurs imitateurs alexandrins et latins. Il mit au contraire une sorte de coquetterie à composer de petites pièces, des diminutifs d'odes, des odeletles, comme il les appela lui-même -, à côté de pièces narratives et descriptives de plus longue haleine, élégies, hymnes et poèmes.

Le premier tiers de l'année 1554, très probablement le mois de mars, fut marqué par un événement littéraire d'une importance considérable, l'apparition de VAnacreon d'Henri Estienne à Paris. Arrivant à son heure, confirmant et précisant les idées qui hantaient l'esprit de Ronsard depuis plus d'un an, ce recueil d'odelettes grecques, accompagnées d'une traduction latine, excita chez lui et parmi les membres de la Brigade un très vif enthousiasme 5.

Cette publication était impatiemment attendue. H. Estienne, dont la découverte remontait à 1549, l'avait fait connaître à son entourage, à ses familiers ; il le dit dans la préface de sa traduction latine. On sait d'autre part qu'il avait communiqué à l'humaniste Petro Vettori, lors de son passage à Florence au mois de mai 1553, l'ode anacréontique AÉyoua-.v ai yjvar/.a:. pour qu'il

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