en la fange
Î9-42. àii-j} Le grand Panurge, & le pais Des Papimanes ébais, Leurs loix, leurs façons \ demeures, Lt frère Jean des Aatoumeurcs
1. C.-à-d. : se souillant en se trempant. Ce mot, déjà vu au tome II, p. 147, est un provincialisme qui était usité dans le Vendomois, le Maine, l'Anjou, la Tourainc et le Poitou. Cf. Reiue d'Hist. litl., 1905, p. 88, note 2.
2. C.-à-d. : de s'accoupler i\cc Sémélé. Ailleurs Ronsard dit : faire la chose ou la chosettc (tome V, p. }6, vers 21), ou bien : faire je ne sais quoi (tome 1, p. 258, var. du vers 20).
}. Sur CCS mythes relatifs à Bacchus, v. les tomes 111, p. 199. noies et V, p. 57, notes.
4. Ronsard ccorchc à dessein le nom de frère Jean. Les « autonnieres • sont sans doute les récoltes de lautomne, les vendanges : allu-
Et d'Episteme les conibas :
44 Mais la mort qui ne boivoit pas
Tira le beuveur de ce monde,
Et ores le fait boire en l'onde
Qui fuit trouble dans le giron 48 Du large fleuve d'Acheron.
Or toi quiconques sois qui passes
Sur sa fosse repen des taces,
Repen du bril ', & des flacons, 52 Des cervelas, & des jambons.
Car si encor dessous la lame
Quelque sentiment a son ame,
Il les aime micus que des Lis, 56 Tant soient ils fraichcment cueillis ^.
sioii au rôle et au caractère de frère Jean. Le vrai nom « Entommeures » que donne la variante, est une forme dialectale pour « Entamures /> (h.ichis), allusion à l'humeur batailleuse du moine (v. l'éd. de Rabelais par A. Lefranc, tome II, p. 260, note 15).
1. Le sens de ce mot est très obscur. Godefroy le donne comme une •graphie phonétique de hreil, piège à oiseaux, et de hioil, hreuil, bois taillis. Cotgrave et d'après lui Godefroy (dans son Complément) le traduisent par « glitter, sparkle, twinkle, or glittering, sparkling, twinkling », éclat, splendeur, lustre, brillant, le considérant comme le substantif qui a formé le verbe briller; il serait donc une corruption de béryl, si l'on admet létymologic hcryllare, que Darmesteter et Hatzfeld donnent au mot briller. Sainte-Beuve a écrit {Œuvres choisies de Ronsard) : « du bril, probablement des verres, parce que le verre brille ». .\loland (id.) et d'après lui Marty-Laveaux (Langue de la Pléiade) et Hujuet (Dict. du sei{. siècle) ont cru devoir adopter un sens dérivé de celui de hrcil : ramée, branches d'arbre, feuillage. Mais aucune de ces interprétations ne convient au contexte, et Marty-Laveaux ajoute avec raison : « Pour que l'explication de Moland convint complètement au passage, il faudrait donner au mot bril le sens de pampre, qu'il avait peut-être dans quelque dialecte ». Enfin Mellerio {Lexique de Ronsard) se demande si ce ne serait pas une graphie de brie, fromage de Brie. Je croirais plutôt que Ronsard a désigné par là un vin pétillant et mousseux, non pas « des verres » comme le pensait Sainte-Beuve, mais leur contenu éclatant. Cette interprétation a l'avantage de se rapprocher de celle de Cotgrave et de correspondre au sens général du passage.
2. C'est évidemment un Rabelais de fantaisie, conforme d'ailleurs à la légende qui s'était établie sur son compte, de son vivant même
EPITAl-E D'ALBRRT,
JOUEUR Di; Luc DU Roi'. [il V"]
Entreparleurs : i.e Passant, & i.e Prestrk ^
/*(/. Qu\)i-jc dans ce toinbcau rcsoiincr? Pii-. une Kre. Pli. N'est ce pas celle là qui peut si iMen redire Les chansons d'Apollon, que fLités de sa vois 4 Tiroit, racine & tout, les rochicrs &. les bois ?
Édiiions : liocagf iS)4. 155S ; rcinipr. de Rouen, IJS7. — Œuvres, (Pocincs, I" livre) 1560; (l-pit.iphes) i 567 .1 1587 et éd. suiv.
Titre. 5/ ajoute du Roi I-rani,"ois I"
1-4. S.f-Sj Qu'oy-je dans ce tombeau? Pr. Tu entens une lyre. l'a. Quoy ? n'est-ce pas ce hitli qui peut si bien redire Les chansons d'Apollon, que flatez de sa vois Tiroit après ses pas les rochers & les bois
d'après les héros de son œuvre. Mais je répète qu'il n'y a là aucune satire méchante. On ne doit pas voir non plus de malveillance dans la suppression de la pièce, tout au contraire. Ronsard l'a supprimée d'abord parce qu'elle lui parut une maladroite imitation de r.\nthologie {grecque et de Cl. M.irot, ensuite parce qu'elle prêtait .i une interprétation défavorable à Rabelais, très étranu;ère à ses sentiments ; en quoi il vit juste, puisque, dès qu'on l'eut exhumée des éditions antérieures à 1,78, elle tut interprétée diversement, et que, encore aujourd hui, des critiques, pourtant avertis, ne veulent y voir que l'expression d'une antipathie.
Cf. .Marf^aret de Schweinitz, I^s lipilafibfs </<■ Kcnsiini (thèse de Paris, I92>^, p. 15 à 17.
1. .-Xlbert de Ripa est un musicien italien, joueur de luth et valet de chambre de l-ran.;ois I" et de Henri II. Il mourut en i$Si. ou au début de IS52- Il a été célébré de son vivant par Cl. .Marot et Despériers, après sa mort par Mellin de Saint-tîel.iis, Dorât. A. de Baïf, Ronsard, entre autres, (^f. Michel Brenet, S'cles sur rHisloire du Luth en l'rance (luriii, Hocca, iSgg), pp. 10 et suiv.
2. Le dialogue dans rUpigrammc funéraire remonte aux Grecs et aux Latins (v. H. Galletier, litude sur la poésie funéraire romaine, thèse de Paris, 1922. p. 225 et suiv.) ; il se retrouve chez les poètes ncolatins, surtout chez le poète napolitain Pontano ((")/vr.i, 1S18, Tumulorum lihri II, pasûm). Ronsard l'avâit déj.i eniployé dans Vllpitafe de J. Martin (tome \' de la présente éditior., p. 2\2). Cl. .NLirot et Ni. de .Saint-Gelais en avaient eu l'idée avant lui, mais n'avaient pas su l'exploiter (cf. Th. Sebillct, Art poétique, chap. viu, éd. Gailîe, p. 158).
Et près de Pierie, ainsi qu'une ceinture En un rond les serroit sur la pleine verdure ' ? Pre. Ce n'est pas celle là. Pa. É laquelle est ce donc? 8 Pre. C'est celle là d'Albert, que Phebus au poil blond Aprist des le berceau, & lui donna la harpe, Et le Luc le meilleur qu'il mist onc en écharpe, Si bien qu'après sa mort son Luc mesmes enclos 12 Dedans sa tombe, encor sonne contre ses ôs.
Pu. Je suis esmerveillé que sa lyre première
En son art ne fléchit la Parque sa meurtrière ? Pre. Point n'en faut s'ébahir, Orfée qui fut bien i6 Enfant de Calliope, & du Dieu Cynthien ^
Ne la sceut onc fléchir, & pour la fois seconde, D'où plus il ne revint, alla voir l'autre monde'. Pa. Quelle mort le tua ? Pre. Une pierre qui vint 20 Lui boucher la vecie, & le conduit lui print
En celle part, où l'eau par son canal chemine,