‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 42 sur 279 · IraJ., 67 sus A]siS (graphie phoitélii]iie · texte numérisé non relu

IraJ., 67 sus A]siS (graphie phoitélii]iie

fait de Capharés (var. Capharez) un adjectif, suivant les exemples que lui offraient Euripide, a.': Kxç.t,ç;{5£; r.i-^ai (Hel. 1129), ai Kaorj'iEiot ï/.pai (Tioy. 89), et Properce, saxa Capharea (III, vit, 59). Autrement il aurait dit « les rochers Capharés ou Caphare » (sans accent), comme ailleurs Achilles et Achille, Ulysses et Ulysse, Briare, etc. — S'il n'a pas écrit « rochers Capharées », comme ailleurs champs Elysées, monts Pyrénées, c'est à cause de la coupe à l'hémistiche, qui doit tomber sur une syllabe accentuée; même forme à la même place, ci-après, sonnet Je puisse donc mourir, vers 6, et c'est pour la même raison qu'il a dit aussi : Dans les chams Elysés (v. le tome V, p. 250).

1. Cette forme exigée par le vers est mise pour Kauplie, qu'on trouve ailleurs. 11 s'agit de Xauplius, roi de l'Eubée, qui pour venger l.i mort de son fils Palamède, injustement accusé de trahison, revint feul de Troie sur une barque de pécheur et fit allumer des feux sur le cap Capharce, comptant que les vaisseaux grecs, surpris par la tempête, prendraient ces parages pour une côte hospitalière et viendraient se briser sur les écueils, ce qui arriva (v. Euripide, Hel. 767 et 1129; Lycophron, 581 et suiv. et surtout les scholies de Tzetzès ; Properce, IV, i, 115).

2. C.-à-d. : la flotte des Grecs vainqueurs de Troie, dont Neptune avait bâti les murs.

5. 11 s'agit d'Ajax fils d'Oïlée, puni par Pallas pour l'avoir outragée en arrachant de son temple la princesse troyenne Cassandre (v. Euripide, Troy. 77 et suiv. ; Virgile, En. I, ^9 et suiv.). Homère attribue à Neptune seul la perte d'Ajax, coupable de paroles impies, et cela aux Gyres, rochers situés, suivant Eustathe, dans le voisinage de l'île Mykonos (Od., IV, 498 et suiv.).

On a confondu dès l'antiquité le naufrage d'Ajax aux Gyres par la vengeance de Pallas ou de Neptune, et celui des autres vainqueurs Grecs au cap Capharée par la vengeance de Nauplius;v. par ex. Properce, IV,i, 115 ; Sid. Apollin., Carm.vii, 197. Ronsard a fait la même confusion, ces quatre vers le prouvent assez, surtout si on les rapproche du sonnet de 1552 Apres ton cours je ne haste mes pas, où il place suivant Homère le naufrage d'Ajax « aux bords Gyrés » (tome IV, p. 80). Au surplus, une note du sonnet de 1554 Je puisse donc mourir, note qui pourrait bien être de Ronsard lui-même, dit en rappelant ces légendes « les rochers Capharés autrement dit Gyrés » (v. ci-après, p.48,n.2). — C'est dans Lycophron, aux vers ^81 et suiv., qu'il faut chercher la source première de ce passage, ou plutôt dans le commentaire d'Isaac Tzetzès, que Dorât et ses élèves trouvaient dans l'édition de Bàle, J. Oporin, 1546, p. 63-65. Voir ce que j'en ai dit au tome V, p. 155, note 2.

32 Lli BOCAGE

Te devoicnl faire sage, & te dcvoicnl aprcndrc, Salel, à plus n'oser le sang Troien cspandre, lit ne reiisanglantcr les vers au sang des tilz

8 De tant de puissans Dieus à Troye desconfitz '.

Non pour autre raison aveuglé fut Homère, [13 \°]

Que pour avoir de neuf refraichi la misère Des malheureus Troyens, & pour avoir cncor

li Par ses vers retrainé la charongnc d'Hector, Pour avoir renavré la mole Cyprienne, Pour avoir ressouillé la poudre Phrygienne Au sang de Sarpedon, cs: pour avoir laissé

16 Hncor Mars ressaigncr, de sa plume blessé *.

A toi, ainsi qu'à lui, les Dicus ont eu envie ', Qui favorisoicnt Troye, & t'ont coupé la vie Au mcilliou de tes ans 4, de peur qu'une autre fois

12. //. ttiul., s t-Ji CCS vers {corrigé d'aprcs h- contexte et les PR 162]) 19. //. trad., (iJ-J) Au milieu

1. Allusion .1 la triJuciion Je, 17/iiii/<r cii vers Jccasyll.ibiqucs que Salcl poussa jusqu'au livre XIII. Elle fut publiée en trois fois: les doux premiers livres parurent en 1541 à Lyon ; ils reparurent avec les huit suivants en I54> à Paris ; enlin les livres XI et XII et le début du livre XIII furent publiés par les soins de Magnv en 1554, dans l'édition citée plus haut. Lne édition collective de 1570 (Paris, Cl. Gautier) est à la Bibl. Nat. sous la cote Yb 11 19.

2. .\llusion à certains épisodes de l'Iliade : combat d'.\chille et d'Hector (ch. xxii), blessure de Vénus (ch. v), mort de Sarpedon (ch. xvi), blessure de Mars (ch. v). Cf. le tome V, pp. 167-168 et 188.

5. Tournure latine : iiividere aliciii. On dit encore porter envie a quelqu'un.

4. Une épitnphc de Salcl par P. Paschal, qui figure avec la pièce de Ronsard parmi les postliminaircs du volunic posthume cité plus haut, se termine ainsi : « Diuturno Ov mortifero morbo afTectu*, de vita placide iv: constanter deccssit, anno MOLIII. Vixit an. XLIX men. \'l. » — De son côté, O. de Magnv parle de Salel vivant non seulement dans la dédicace de ses Amours, datée du 27 mars 1555 et dans l'.^ppendice de ce recueil, mais encore dans V Hymne sur In tiaissiince de Madame Marguerite de France, née le 14 mai i)>5. Si l'on rapproche cette dernière date de celle du privilège octroyé pour le volume posthume de Salel cite plus haut (25 juillet i;53), on peut fixer la mort de Salcl aux environs de juin.

10 Hector ne fût r'occis par les vers d'un Fran^jois.

Mais bien que mort tu sois au plus verd de ton âge, Si as tu pour confort gaigné cest avantage, D'estre mort riche poète, & d'avoir par labeur

24 Le premier d'un grand Roi mérité la faveur : QjLii chassa loing de toi la pauvreté moleste A la troupe des Sœurs, dont la race céleste Peu leur sert aujourdui, que cliquctans des dens

2.S Que d'un pâle estomach affamé par dedans, Que d'un œil enfoncé, que toutes désolées De fain ', parmi les bois n'errent eschevelées^. Fran'çois, le premier Roi des vertus, & du nom,

52 Prenant à gré d'ouir l'Atride Agamenon

Parler en son langage, & par toi les gensdarmes De Priam, son ayeul, faire bruire leurs armes D'un murmure françois, Prince sus tous humain,

36 Te fit sentir les biens de sa royale main,

Et le fit à bon droict, comme à l'un de sa France Qui des premiers chassa le Monstre d'Ignorance', Et de qui le sçavoir avoit bien mérité [^4^°]

40 D'être d'un si grand Roi si doucement traicté 4.

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