‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 5 sur 279 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

Un autre recueil a joué dans l'inspiration de Ronsard en ce temps-là un rôle considérable. C'est r'AvOoXoyiov du grec Jean Stobée (v: siècle ap. J.-C), plus connu sous le titre de Florilège. Plusieurs éditions en avaient paru de 1536 à 1552, notamment celle de Conrad Gesner à Zurich en i 545 et celle d'Oporin à Bàleen 1549, accompagnées d'une traduction latine. Ronsard a pu se servir de la traduction de Conrad Gesner publiée isolément à Paris en 1552 par C. Perler". Cette compilation, précieuse entre toutes, de sentences et de lieux communs sur une foule de sujets, groupés métliodiquement par opposition, tels que la patience et la colère, le bavardage et la discrétion, la guerre et la paix, l'amour profane et le mariage, la richesse et la pauvreté, la santé et la vieillesse, la vie et la mort, contenait de très nombreux fragments ou extraits entiers de prosateurs et de poètes grecs, quelques-uns rarissimes, étant les seuls vestiges d'œuvres perdues. Déjà en 1553 Ronsard avait « traduit » ceux de Tyrtée dans sa Harangue du duc de Guise, imité ceux de Mimnerme et de Simonide dans son Odi sur les misères des bomities, sans parler d'une épigramme de Posidippe, que lui offrait également VAnthologie de Planude-. En 1554 et 1555 il devait encore y puiser nombre d'imitations, notamment de Panyasis, Théognis, Sophocle, Ménandre, Philémon, Bion et Calliniaque. — Un recueil analogue, mais tout récent, fut très probablement l'objet de son étude en ces mêmes années ; c'est celui que l'humaniste Adrien Turnèbe, dont il fut l'auditeur et l'admirateur, composa des pièces et fragments gnomiques de dix-sept poètes grecs, parmi lesquels Théognis, Phocylide, Solon, Tyrtée, Callimaque, Mimnerme, Panyasis et Simonide, et publia en 1553, sous le titre Pvoj- {i.oXoY''ai -aXatoTXTwv -o'.r)Ta>v, en même temps que paraissait chez Guillaume Morel une traduction en vers latins, due à divers humanistes 3. Ronsard trouva là, comme dans l'ouvrage de Sto-

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