‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 65 sur 279 · f>7-7i Un tableau garnyd'or où dessus je peindray · texte numérisé non relu

f>7-7i Un tableau garnyd'or où dessus je peindray

9-11. yS-Sj J'appendray sur mon lit ta peinture plumeuse En la mesme fa.;ou que je t'auray conceu La nuict par le plaisir de ta forme douteuse

1. Dieu des songes, qu'Ovide a décrit au livre .\1 de ses Mctam. — A rapprocher de ce sonnet le Va-u au Somvic de i5 5o(tome II, p. lia).

2. On prononçait gentile, graphie qu'on trouve ailleurs (v. par ex. le tome 1, p. 14, vers 83). Cf. les rimes « gentille » et « inutile u .11 tome m, p. 141.

}. Graphie phonétique pour subtile (cf. le tome V, p. 186, vers 180), comme ailleurs oscur, pour obscur.

4. La variante de 1)78 évite le défaut d'alternance dans le genre des rimes entre le huilain et le sizain de ce sonnet. — Au vers 9 de cette

Et comme Jupiter à Troye fut deceu

Du Somme & de Junon, après avoir receu 14 De la simple Venus la ceinture amoureuse'.

Ecumiere Venus -, roine en Cypre puissante», Mère des dous amours, à qui toujours se joint Le plaisir, & le jeu, qui tout animal point 4 A toujours reparer sa race périssante.

Sans toi, Ximfe aime-ris •», la vie est languissante,

IX. — Éditions : Bocage 1554, 1555 ; réimpr. de Rouen, 1^57. — Œuvres, (Amours, i" livre) 1560 à 1572 ; (id., 2° livre) 1578 à 1587 et éd. suiv.

variante, Ronsard dit : ta peinture plumeuse « pource que Morfée est un Dieu couvert d'ailes & de plumes, comme la Renommée, Amour & autres » (note attribuée à Belleau en 1578).

1. Invention d Homère,//., XIX, 214 et suiv. — L'épithètede <r simple » appliquée à Vénus signifie : facile à persuader ou à tromper, comme elle se montra en cette occasion. « C'est un epithete non oisif, mais propre & servant à la cause. Car souvent selon les argumens on donne d'autres epithetes à Venus, comme belle, jeune, trompeuse, parjure, menteuse, puissante, germeuse : mais la manière de bien apposer & appliquer tels adjectifs ne sort que par l'artitice d'un excellent Poëte, & bien rusé ». (note attribuée à Belleau à partir de : 587 seulement).

2. Il appelle ainsi Vénus, parce que, d'après un mythe raconté par Hésiode (l'hecg. 188 et suiv.), elle est née de l'écume produite par les « genitoires » du dieu Ouranos (le Ciel), coupées et jetées à la mer par son fils Cronos (Saturne). Le nom grec de cette déesse, AssoCiT'/), a précisément ce sens, « car tout sperme, dont se fait la génération, est humide, blanc & escumeux » (note attribuée à Muret en 1560, à Belleau en 1578, jusqu'au mot « humide » inclus; le reste a été ajouté en 1584). Ronsard avait déjà nommé Vénus « l'escumiere fille » au sonnet de 1552 Quand au matin (tome IV, p. 42), et Muret avait longuement commenté cette périphrase.

3. Souvenir d'Horace, Carm. I, ni, début : « diva potens Cypri ».

4. Mot composé sur le modèle de l'épithète grecque 0'.\oili'.ot[z, appliquée à Vénus par Hésiode {Théog., 200), bien que le contexte ait donné lieu à une autre interprétation, que Muret jugeait « moins honneste que vraysemblable » (en commentant le sonnet de 1552 Quand en naissant), et qu'il donne lui-même en note du sonnet Quand au malin : « Elle est nommée aussi ç'.Ào;j.r,cir[:, qui est à dire, aimant les genitoires, par ce que de l'escume d'iceux elle fut faite ». Ronsard s'est rappelé aussi l'attribut qu'Horace donne à Venus « Erycina ridens » (Carm. I, ir, 33).

Sans toi rien n'est de beau, de vaillant ni de coint ', Sans toi la volupté joïeuse ne vient point, 8 Et des Grâces sans toi la grâce est desplaisante*. Ores qu'en ce printans on ne sçauroit rien voir, Q.ui tîclic dans le cœur ne sente ton pouvoir, II Sans plus une pucelle en sera elle cxente ? Si tu ne vcus du tout la traiter de rigueur,

Au moins que sa froideur en ce mois d'Avril sente 14 Quelque peu du brasier qui m'enllame le cœur.

Cache pour cette nuit ta corne, bonne Lune, [20 r"] Ainsi Endemion soit toujours ton ami Et sans se réveiller en ton sein endormi ' : 4 Ainsi nul Enchanteur jamais ne t'importune ■«.

Le jour m'est odieus, la nuit m'est oportune. Je crains de jour l'aguet d'un voisin ennemi. De nuit plus courageus je traverse parmi

X. — Éditions : Bocage 1554, 1555; rcimpr. de Rouen, 1557. — Œuvres, (Amours, 1" livre) 1560 à 1572; (id., 2' livre) 1578 à 1587 et éd. suiv.

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