‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 7 sur 279 · IS5S · texte numérisé non relu

IS5S

Le Bocage était dédié « à P. de Paschal du bas païs de Languedoc », l'un des membres de la Brigade, auquel Ronsard avait déjà adressé une ode en 1 5 50, un sonnet en 1552 et accordé une place parmi ses amis littéraires dans les Dithyrambes et le poème des Isles fortunées en 1553 =. Dans une ode dédicatoire, d'autant plus intéressante que, supprimée dès 1560, elle ne reparut pas avant la fin du xix^ siècle, Ronsard mettait au-dessus de la protection royale l'amitié d'un humaniste comme Paschal, capable de l'immortaliser. Une telle flatterie ne se comprendrait pas, si l'on ne savait que Paschal, réputé pour son éloquence latine au point d'être appelé couramment le Cicéron français, sollicitait alors la fonction d'historiographe du roi, et qu'il avait annoncé urhi et orhi son intention d'écrire, à la façon de l'Italien Paul Jove, les éloges des doctes personnages de son temps. Aussitôt les jeunes poètes de le porter aux nues, avec l'espoir détre compris dans sa galerie d'hommes célèbres 5. Ronsard, auquel il avait sans doute promis l'une des meilleures places, ne lui ménagea pas l'encens ; et c'est à un sentiment de reconnaissance anticipée autant qu'à l'ambition, bien légitime d'ailleurs, de voir son renom s'étendre à l'étranger dans la langue universelle, que nous devons la pièce liminaire du Bocage de 1554,

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