Sj ny de meurs (et mœurs) ny de bien
1. Jeanne Chaudrior ayant épousé Loys de Ronsart le 2 févr. 15 14 (n. st.), il est vraisemblable qu'elle eut son 5' enfant au plus tôt à la fin de 1518. Donc, si Pierre, le h* enfant, était né en 1522, il n'aurait pas écrit ce vers. Argument de plus en faveur de 1524 ou 1525.
2. Claude, héritier du fief paternel , qui épousa Anne Tiercelin (v. le tome 11 de la présente édition, p. 114); Charles, qui entra d.ms les ordres et fut comblé de bénéfices ; Louise, di.moiselle d'honneur de la reine Eléonore, qui épous.i François de Crevant. Cf. Rochambeau (op. cit.), Froger (o/>. cil.) et Longnon (op. cit., p. 75-80).
}. .\u collège de Navarre, où il fut le condisciple de Charles de Guise, futur cardinal de Lorraine et futur ministre de Henri II, souvenir qu'il se plut .1 rappeler dans trois pièces adressées à ce personnage : VEpistre à Charles (au 2* livre des Hymnes, 1556) ; l'Hymne de Charles (1559) ; le Procès (1565).
4. Campagne de Provence contre Charles Quint en i>}6. Cf. ma Jeunesse de Ronsard (Rev. de la Renaissance de mars 1901, p. 176 et suiv.) ; H. Longnon, op. cit., p. 95 et suiv.
5. 11 fut d'abord pendant quelques jours page du dauphin François, qui mourut i Tournon le 10 août i)}6; puis il fut page, non pas, comme le dit Marcassusen commentant cette épitre, du prince Henri, qui devint dauphin après cetje mort, mais du prince Charles, }* fils de François I",
aui prit alors le titre de duc d'Orléans, possédé jusque-là par son frère enri. Voir le tome I de la présente édit., p. 179; l'ode de i S 5 S -■' Monsieur d'OrUiins : Prince tu portes le nom...; le Tombeau de Marguerite de France (1575); enfin les références de la note précédente.
60 Où trente mois je fus, & six en Angleterre '. A mon retour, cncor Page ce Duc me print, Et guère à l'Ecurie ^ en repos ne me tint Qu'il ne me renvoiast en Flandres, ik. Zelande,
64 Et encore en Ecosse, où la tempeste grande Avecques Lassigni ', cuida faire toucher, Pouss(::e aus bords Anglois, la nef contre un rocher. Plus de trois jours entiers dura cette tempeste
68 D'eau, de gresle, & d'esclairs nous menassant la teste : A la fin arrivés sans nul danger au port, La nef en cent morceaus se rompt contre le bord. Nous laissant sur la rade, & point n'y eut de perte,
72 Sinon elle qui fut des flots salez couverte. Et le bagage espars que le vent secouoit,
61-62. 6y-Sy A mon retour ce duc pour page me reprint : Long temps à l'Ecurie en repos ne me tint 64. 6j-8y Et depuis en Escosse 66. Sj ma nef
1. Il s'embarqua pour l'Ecosse leii mai 1 557, comme page de Madeleine de France, récemment mariée au roi Jacques V Stuart (cf. J. des Monstiers, Summaire de Vorigiiie, descriptions et merveilles d' Escosse, Paris, Certenas, 1538, in fine; Ed. Bapst, Les mariages de Jacques V d'Ecosse, 1889, p. îio), et il revint en août 1538 par l'Angleterre avec la suite française de la feue reine, qui céd.iit la place à celle de la nouvelle reine, Marie de Lorraine. Ce qui ne fait que seize mois largement comptés pour ce premier voyage. V. mon article sur Ronsard en Ecosse (Rev. de Littérature comparée, juillet-septembre 1924, p. 408 et suiv.) ; R. Sorg, La Cassandre de Ronsard {\.c)2'Ç), p. 171 et suiv.
2. C.-i-d. : attaché comme page aux Ecuries royales. Il n'y a pas là de métaphore.
3. L'ambassadeur Claude d'Humières, seigneur de Lassigny, qui partit pour sa mission en Flandres et en Ecosse le 24 décembre 1S38 (Catalogue des Actes de François I", tome VIII, n° 31.170). Il avait déjà servi de messager entre les cours de France et d'Ecosse au mois d'août précédent et accompagné d leur retour les Français rapatriés d'Ecosse, au nombre desquels était le jeune Ronsard (Foreign and domestic leitcrs and papers, Henry Vlll.tome II ; Catalogue des Actes de François /",tome VIII, n" 31.916; IX, p. 57).
Ht qui scrvoii flottant aus (indcs de joiiet '. D'Ecosse retourné, je fus mis hors de paj^c * 76 Et ;'i peine seize ans avoient borné mon aj^c. Que l'an cinq cens quarante avec Haïf je vins En la haute Aiemaii^'ne, où la langue j'aprins K
78-79. Sj En la haute Allcmaigne, où dessous luy j'apprins Combien peut la vertu : après la maladie
1. Nos voyageurs abordèrent le 22 janvier 1559 à Quccnsfcrry. Ce deuxicme séjour à la Cour d'Hcosse ne dura pas plus de six semaines, du moins pour Lassigny, qui reprit la route de l-ranco le 10 mars {horrign and tlomeslic Ifltei i awi {<apf\s, Henry \'lll,tomc II, année 1559; ■^ccoi"'li 0/ Ihe Lord High Treasiirei of Scotland, tome VII, p. 149). Quant à Ronsard, si l'on veut retrouver les trente-six mois qu'il déclare avoir passés outre Manche (au vers 60), il faut admettre qu'il prolongea son séjour en l-'cosse et en Angleterre; et de fait on ne retrouve pas sa trace en France avant le mois de mai 1540. Mais même cet intervalle ajouté au temps du premier voyage ne donne pas le compte attendu. Le doute ici est d'autant plus permis que Ronsard a par deux fois contredit son premier témoignage, déclarant tantôt ♦ trois ans », tantôt • deux ans • de séjour dans la seule licosse (v. l'ode de 1 5 56 .4 la Royne d'Ecosit : O belle et plus que belle.... vers 8, et le Tombeau de Marguerite de France, vers 98).
2. C.-à-d. qu'il quitta les fonctions de « p.ige • pour devenir « écnyer d'écurie ». II n'avait alors que quinze ans et demi. — Marty-Laveaux dans sa Notice sur Ronsard, p. xvii, a pensé que Ronsard quitta des 1540 le service du prince Charles pour celui du prince Henri, se fondant sur deux textes où le poète déclare avoir été • page » de Henri (Hymne de Henri //, et Caprice à Simon Xicolas, éd. Laumonier-Lemerre, I\ , 188 et VI, 62). Mais ces textes rappellent des souvenirs postérieurs à 1540. L'entrée de Ronsard au service du Dauphin Henri eut lieu vers juillet 154}. d'après deux passages du Tombeau de Marguerite de Savarre (même édition, \', 252 et 255), où Ronsard nous dit d'une part que Charles fut « près de cinq ans son maistre • (d'août i^^ft i juillet 154?, en retranchant deux ans passés au service du roi d'iicossc), et d'autre part qu'il servit Henri jusqu'.i sa mort tragique • seize ans domestique à ses gages » (donc de juillet 154} .i juillet IS59). Si dans les textes cités par Slarty-Laveaux Ronsard se qualifie encore « page » bien qu'il ait été mis» hors de page », c'est qu'il a abusé du mot (peut-être pour le besoin du vers), en lui donnant le sens plus général d'écuycr ou de serviteur.
j. Voy.igc en Basse-Alsace, pour le « convent » de Haguenau (et non pas h la biètc de Spire, comme on le répète encore après Hinet), avec l'humaniste Lazare de B.uf, conseiller et maitre des requêtes de l'hôtel de François 1°'. Sur ce personnage, v. le tome (I de la présente édition, p. 60-61, et L. Pinvcrt, La;^are de liaïf (Paris, I-'ontemoing, 1900). Sa mission diplomatique dura quatre-vingt-dix jours, du 16 mai au 14 août i';40 (Bibl. N'at. Mss. fr., 20.650, tome 166 des Pièces originales, dossier
Mais las ! à mon retour une aspre maladie 80 Par ne sçai quel destin me vint boucher l'oùie, Et dure m'acabla d'assommement si lourd, Qu'encores aujourdui j'en reste demi sourd '. L'an d'après en avril, Amour me fit surprendre, [25 v°] 84 Suivant la court à Blois, des beaus yeus de Cassandre : Soit le nom faus ou vray, jamais le tans, vainqueur Des amours, n'oustera ce beau nom de mon cœur ^.
86. 6o-j} Noustera ce beau nom du marbre de mon cœur | jS-Sj N'effacera ce nom du marbre de mon cœur
Baif, pièces 4 et 5). Son fils Antoine a écrit de son côté, dans la dédicace de ses Œuvres à Charles IX :
...Mon père qui alors Aloit ambassadeur pour vostre ayeul, dehors Du royaume en Almagne et menoit au voyage Charle Etiene et Ronsard qui sortoit hors de page : Etiene médecin, qui bienparlant etoit, Ronsard, de qui la fleur un beau fruit promettoit. Qjiant à avoir appris l'allemand en si peu de temps, Ronsard, tout intelligent qu'il fût, ne le pouvait pas. Je sais bien qu'un texte du i" Bocage semble confirmer celui-ci (v. le tome II, p. 202, vers Si-S^) ; mais on a d'autant plus le droit de mettre en doute leur véracité, que l'allemand était alors considéré en France comme une langue barbare, indigne d'être apprise, et que l'échange des idées à Haguenau se fit en latin. D'ailleurs la variante de 1^87 témoigne d'un véritable « repentir ».
1. Cette maladie, d'après les anciens biographes (Binet, Velliard, Critton, Du Perron) serait due aux fatigues de ses voyages, aux excès de table, aux « vins souffrez et mixtionnez » d'Allemagne; l'abus des plaisirs sexuels en un si jeune âge y fut aussi pour une part, sans qu'on puisse croire toutefois qu'il ait contracté la syphilis, comme l'en accusèrent plus tard les huguenots. Il est en outre très probable qu'à son retour à la Possonnière, sur les bords du I.oir, son mauvais état général s'aggrava de paludisme, qu'il eut à souffrir durant trois ans au moins de crises de fièvre fréquentes — comme celles dont il se plaignit plus tard à différentes reprises — et qu'elles lui laissèrent une otite chronique d'origine arthritique. Les textes qui témoignent de sa demi-surdité sont très nombreux dans ses œuvres et celles de ses amis. V. ma Jeunesse de Ronsaid (Rev. de la Renaissance de mars 1902, p. 149 et suiv.) ; Menier, lii Surdité de Ronsard (.\rchives d'Otologie de février 1906, p. 211 et suiv.); H. Longnon, cp. cit., p. 116 et suiv.
2. Il s'agit de Cassandre Salviati, que Ronsard a rencontrée en avril 1545 et chantée jusqu'en 1555 (v. l'Introduction du tome IV de la présente édition). L'hémistiche « L'an d'après en avril » a trompé Sainte-
yO LE BOCAGE
Inconiiiiciit après disciple je vins cstrc,
90 A Paris, de Daurat qui cinq ans fut mon maislre
En Grec & en Latin ' : chez lui premièrement
Nostre ferme amitié print son commancement,
Laquelle dans mon ame, à tout jamais, & celle
94 De ton ami Durbam sera perpétuelle ^.
^9-90. jS-Sj Convoitcux de sçavoir, disciple je vins cstre De d'Aurat k Paris, qui cinq ans (Sj sept ans) fut mon maistrc 94. 6o-Sj De nostre aniy Baïf
Bcuvc, Blancliemain et R. Sorg sur l'année de la rencontre, qu'ils datent de 1541. On ne peut adopter celte date, qui ne cadre pas avec les vers suivants relatifs à l'arrivée de Ronsard chez Dorât, ni avec nombre de passages des Amours. J'interprète, non pas : L'an d'après mon retour, — mais : L'an d'après ma maladie ; ce qui se comprend aisément, si, comme il est dit dans la note précédente, celte maladie a duré trois ans et a tenu Ronsard loin de la Cour jusqu'en 1544 ; ou bien le poète n'a pas voulu préciser l'année de son inamoramento, et n'a pas pas attaché à cet hémistiche une importance historique. Il ne s'est pas cru obligé de tout préciser ; il a même oublié, sans doute volontairement, un fait très important de sa jeunesse, sa prise de tonsure en vue des bénéfices ecclésiastiques, le 6 mars 154) au Mans, où il rencontra J. Peletier, secrétaire de l'évèque René du Bellay (v. mon Ronsitrd f>i>fte lyrique, p. 33 et suiv.). Rien non plus sur la mort de son père (juin 1544), ni la mort de sa mère (début de 1545, n. st.).
1. De 1)44 à 1549, ou de 134 J à i;50 : d'abord au domicile de Lazare de Baïf, rue des Fossés-Saint-Victor (aujourd'hui rue du Cardinal- Lemoine), où il profita des levons que Dorât donnait depuis 1544 à Antoine de Baïf; puis au Collège de Coqueret, dont Dorât devint principal en 1545 ou en 1547 (rue Chartière, à l'emplacement actuel de l'Ecole préparatoire de Sainte-Barbe). La variante de 1587, conservée dans les éd. suiv., est ou bien un • repentir », si Ronsard a profité des levons de Dorât dés 1544 et encore après 1^50, ou bien un remaniement de ses exécuteurs testamentaires en faveur de Dorât, mort seulement en 1588. Sur cette période encore obscure, v. mon édition de la Vie lie Ronsard, p. 90 à 99; H. Longnon, op. cit., p. 155 i 162 ; R. Sorg, art. cil., p. S57 f^ suiv. et op. cil., p. 18} et suiv.
2. Les relations de Ronsard avec Pierre de Paschal et Michel de Mauléon, protonolaire de Durban, ne remontent pas au delà de 1549. Cf. mo:i Romard poètt- Uriqne, p. "jo et suiv. Sur le deuxième de ces personnages, V. le tome II de la présente édition, p. 82-86, notes, et ci-après p. II}. — Q.uant à Belleau, auquel Ronsard a dédié son épitre .i partir de i)6o, il n'est entré en relations avec lui qu'en 15S2 «u plus tôt (v. ciaprès, p. 8j, note du poème Ui Grenouille). C'est ce changement de destinataire et cette variante de la fin qui ont fait croire longtemps que Ronsard avait eu Belleau pour condisciple au Collège de Coqueret.
ODE
A UN Rossignol '.
Gentil Rossignol passager,
Qui t'es encor venu loger
Dedans ceste coudre ramée ^ 4 Sur ta branchette acoustumée,
Et qui nuit & jour de ta vois
Assourdis les nions & les bois,
Redoublant la vieille querelle 8 De Terée & de Phiiomcle '>.
Je te supplie (ainsi toujours
Puisses jouir de tes amours) +
De dire à ma douce inhumaine, 12 Au soir quand elle se promeine
Ici, pour ton nie espier,
Qu'il n'est bon de trop se fier
En la beauté, ni en la grâce 16 Qui plus tôt qu'un songe se passe î.
Di lui que les plus belfes fleurs
En Janvier perdent leurs couleurs, [24 r^]
EiMTioNS : Bocage 1554, 1555 ; réimpr. de Rouen, 1557. — Œuvres, (Odes, 5° livre) 1560 a 1578. — Retranchée en 1584. — CEuvres, recueil des E^ièces retranchées, 1609 et éd. suiv.
Titre. 60-/S A un rossignol. Ode