S Gente Grenouille
1. Souvenir de Virgile, En. XII, 766-769, ou plutôt d'Horace, Carin., I, V, fin. On retrouve la traduction de ces deux passages, faite par Ronsard, dans la préface de la Dialectique de Ramus en 1555 (v. mon article de la Revue du Sei:^. siècle, 1916, pp. 118 et 128).
2. Sur R. Belleau, né à Nogent-le-Rotrou, v. le tome V, p. i8o, note 2. Sur ses relations avec Ronsard, très intimes en 1554 et les années suivantes, bien qu'elles ne remontent guère au delà de 1555, v. mon Ronsard poète lyrique, p. 159-165, et éd. critique de la Vie de Ronsard, p. 106. — Cette pièce, ainsi que les deux suiv.intes, est un véritable « blason », genre si cher aus disciples de Marot, avec les allures savantes et le rythme des « folastries » de 1553. Le mot blason n'est pas au titre, mais on le trouve dans une pièce analogue, le Houx, publiée dansks Meslanges (ci-après, p. 136, vers 16).
Quand lu es sur la rive herbue
Aus raix du soleil estendiie
Que tu es aise ! Si un beuf 16 Passe par là mourani de seuf ',
Tu enfles contre la grand beste [28 r'J
Si fort les venes de la teste,
Et coaçes d'un si haut ttruit, 20 Que de crainte le bcuf s'enfuit.
Toi demeurant sus l'herbe espesse
Des rives la seule niaistresse ^.
En ton royaume le serpent 24 Te combat, mais il se repent
Tout sus l'heure de l'avoir prise,
Car tu luy tiens la teste mise
Si long tans au fond du ruisseau, 28 Que tu l'esloutVes dessous l'eau.
En vain le Héron t'est contraire,
T'espiant du bord solitaire
De quelque cstang, car il ne peut ;2 Te digérer lors qu'il le veut,
Et vive est contraint de te rendre
Pour fuir, quand on le vient prendre'.