C.-à-d. : de génération en génération
2. De ce mariage naquit Charles-Emmanuel I", dit le Grand, duc de Savoie de 1580 à 1^650, dont le fils, Victor-Amédée I" épousa, lui aussi, une princesse française, Christine, fille de Henri IV.
A Madame Marguerite Duchesse de Savoye '.
J'estois fasché de tant suivre les Rois, Et pour la Court* je me perdois es bois Seul à part moy sauvage & solitaire, Loing des Seigneurs, des Rois, & du vulgaire.
Éditions. — Chant pastoral..., à la suite du Discours de Mgr le duc de Savoye..., 1559. — Œmres (Pocmcs. i" livre) 1560; (Elégies, }• livre) 1567 a 157} ; (Fclogues) 1578 à 1587.
Titre, if^ Ch.int pastoral à tres-illustrc li'c vertueuse Princesse Madame Marguerite Je l-rance Duchesse Je Savoye | Sj Monologue ou Chaut pastoral (/<j suite comme enS4)
1. yS Je m'ennuyois de la pompe des Rois | S4-Sj Je me faschois de la pompe des Rois
2. -jS-S^ je vivois par les bois | Sj j'errois entre les bois
1. Cette pièce fut composée avant le mariage de la princesse Marguerite, et non pas après, comme on pourrait le croire p.ir le titre et par les allusions du texte. Toute la Cour savait que l'une des clauses du traité de Catc.iu-C.imbrésis était l'union de cette princesse et du duc de Savoie et que la cérémonie officielle devait avoir lieu aux environs du i" juillet ; on pouvait donc en parler comme d'une chose faite. Le contrat fut signé le 27 juin au palais des Tournelles ; le mercredi 28 eut lieu la cérémonie des fiançailles et le mariage fut détinitivement fixé au mardi suivant ^ juillet. Les préparatifs ccmmencèrent à Notre-Dame, au palais de Justice et aux Tournelles. Mais tout fui arrêté par l'accident mortel du roi au tournoi du 30 juin. Pourtant, à la demande du roi moribond, le mariage eut lieu, mais ce fut s.ins aucune pompe, la nuit du 9 au 10 juillet, dans la chambre d'l!lisabeth de France, au palais des Tournelles, et le roi mourut le 10. Cf. A. de Ruble, I^ traité de Cateau- Camhrcsis (Paris, Labitte, 1889) ; \\'inifred Stephens, Margartt of Franu Duchess of Savoy {Lon Aon, I-ane, 191 1); L. Y<.om\cx , Origines politiques des guerres de religion, tome II, pp. 379 à 388 (Paris, 1914). — Ronsard dit lui-même dans l'Avertissement au lecteur (ci-dessus, p. 156) que ce chant pastoral fut composé • avant la mort du roi ». Si l'on tient compte aussi du vers 15. qui place la scène champêtre au mois de mai et des allusions de la fin à l'Epithalanic écrit par Du Bellay, on peut dater sa composition de la première quinraine de juin.
2. C.-à-d. : à la place de la Cour, au lieu d'être à la Cour. Ce sens est indiqué par les vers 5 .1 14.
Plus me plaisolt un rocher bien pointu, Un antre creux, de mousse revestu, Un long destour d'une seule vaiée ',
8 Un vif surjon d'une onde reculée ^,
Un bel esmail qui bigarre les fleurs, Voir un beau pré tapissé de couleurs, Ouir jazer un ruisseau qui murmure,
12 Et m'endormir sur la jeune verdure,
Qu'estre à la Court, & de poursuivre en vain Un faulx espoir qui me déçoit la main '. Au mois de May que l'Aube retournée
16 Avoit desclos une belle journée.
Et que les voix d'un million d'oiseaux,
Comme à l'envi du murmure des eaux.
L'un hault, l'un bas comptoyent leurs amourettes
ao A la rousée, aux vents & aux fleurettes,
Et que du ciel mille perles tomboyent Dessus les fleurs, qui rondes s'assembloyent Pour abbreuver les gentilles abeilles
24 Qui de moissons ont les cuisses vermeilles :