‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 3)Chapitre 6 sur 215 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

fices sur Jes cures du Maine ; il n'a pas encore le prieuré ou l'abbaye que lui promettent ses patrons, Madame Marguerite, sœur de Henri II, et les cardinaux de Lorraine et de Chastillon ; mais enfin, il espère toujours, et cet espoir l'encourage à reprendre le rôle de poète courtisan qu'il avait joué sans interruption de 1 548 à 1556. Disons mieux, il justifie vraiment alors le titre de « poète du Roi » qu'il portait depuis le jour de janvier 1554 où Henri II avait approuvé son projet de la Franciadt, et en avait, au dire de Ronsard lui-même, « commandé » l'exécution'.

En effet, en l'espace d'un an, du mois d'août 1558 au mois d'août 1559, il publie, non plus un recueil comme précédemment, mais une série de huit plaquettes d'un caractère officiel, ou semi-otîiciel, interprétant les volontés du Roi, glorifiant ses actes et ceux de ses grands collaborateurs, traduisant l'allégresse de la Cour, de la Ville et de la Nation, inspirée parla libération du Coimètable et par les autres événements précurseurs de la paix, se faisant le héraut du traité signé au Cateau-Cambrésis, qui, si peu reluisant qu'il fût pour nous, mettait fin tout de même à la rivalité presque séculaire entre la maison de France et celle d'Espagne, célébrant enfin les mariages princiers, qui étaient comme le sceau familial de ce traité. — 11 faut remonter aux débuts de notre poète pour retrouver une série de pièces analogues, publiées isolément : l'Epithalame d'Antoine de Bourbon (1548), l'Avantentrée du roi Henry II (1549), l'Hymne de France (1549) et l'Ode de la Paix (1550) ». La seule différence importante entre les deux séries, c'est que la première émanait d'un jeune homme, qui cherchait à devenir le poète attitré de la

mon de Saini-GcLiis, v. H. Molinier, thcsc de Toulouse, 1910, pp. 30J et suiv.

1. V. l'Elcgic à Cassandre, au tome VI, p. 58. et l'Ode i M' d'Angoulesme, au tome VII, p. 66. — Ronsard est qualifie « poète du Koi • P'iur la première fois dans le registre des délibcrations du Collège de Khciorique de Toulouse en mai 15^4. puis sur celui des comptes du Conseil de cette ville en i$$5 (v. mon cd. crit. de la Vitd* F. dr Hcnsard. "illèse de Paris, 1910, p. 147 et i4h). De son côte, Charles Fontaine, un poète nurotique rallié à la nouvelle école, adresse un quatrain • i Pierre Rons.ird, poète du roy », publié en 15^7 dans son recueil des Odrs, eiiigtnfs et epigmmwei, p, 67.

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