INTRODUCTION XI
La troisième pièce, V Hymne de Charles cardinal de Lorraine^, étant données les allusions des vers 223 à 232 à deux missions de ce personnage pour la paix, fut composée après les conférences de Péronne (mai 1558) et de Cercamp (octobrenovembre 1558), où le roi, en effet, le délégua. En outre, comme la plaquette a pour millésime 1559, il est naturel de penser que Ronsard profita pour l'écrire du loisir qu'il eut avec Du Bellay au château de Meudon, où le cardinal semble avoir hébergé les deux poètes pendant les préparatifs du mariage du duc de Lorraine et de Claude de France, qui devait avoir lieu en décembre, mais fut ajourné à la prière de Christine de Danemark, mère du fiancé ». Si l'on rapproche ces faits entre eux, et si l'on rapproche aussi cet hymne de la pièce suivante, tout porte à croire que Ronsard l'a composé en décembre et adressé au cardinal pour ses élrennes. — Michel de l'Hospital, qui était encore chancelier de Madame Marguerite, donna en la circonstance un nouveau témoignage d'amitié à Ronsard en adressant audit cardinal une épitre de recommandation en vers latins, qui accompagnait le manuscrit, mais ne fut publiée qu'à partir de 1560, dans les éditions collectives de notre poète '.
La quatrième pièce, le Chant pastoral sur les nopus du duc de Lorraine^, a été composée très peu de temps après V Hymne du cardinal de Lorraine, puisque le mariage qu'il célèbre eut lieu le
mcdecin et poète, il fut en relations avec la Pléiade et les humanistes, comme en témoignent les vers conservés en manuscrit au Brit. Mus. (Ms. Sloane 1768) et plusieurs recueils de notre Bibl. Nat., contenant des lettres et poèmes de lui. Voir la Biogra(>hie nationale de Belgique, t. XXV (1950-1932), col. 121. Je dois cette identification à M. Jacques Lavaud, que j'en remercie cordialement.
1. Paris, A. Wechel, 1559, in-4° de 16 ff. chiffrés. — Bibl. Nat., Rés., Ye 497.
2. Cf. L. Romier, op. cit., II, 225 et 529. Pour le séjour de Ronsard et Du Bellay à Meudon, v. ci-après les pages S 2, 68 à 70, 76 et suiv.
5. On en trouvera le texte non seulement dans ces anciennes éditions, mais dans celle de Blanchemain, tome V, p. 81, et la traduction dans Bandy de Nalèche, Poésies complètes de M. de l'Hospital (Bichette, 1857), p. 130. C'est à tort que cette épître latine figurait de 1560 à 1584 en tète de V Hymne de la Justice, avec lequel elle n'a aucun rapport; c'est à partir de 1587 qu elle fut mise à sa vraie place, en tête de l'Hymne du Cardinal de Lorraine.
4. Paris, A. Wechel, in-4°de 20 pp. chiffrées. — Bibl. Nat., Rés. Ye 502.