LES NOPCES DE MON
SEIGNEVR CHARLES DVC
de Lorraine, &C Madame Claude Fille IL du Roy.
PAK P. DE RONSARD Vandoraois.
A PARIS
Chez André Wechel, ruefâinûTean de Beauuais^à l'enfeigne du cheual volanc.
Auecpriuilege du Royt
Fac-similé du titre de la première édition.
Les Pasteurs, Bellot, Perot, et Michau '.
Un pasteur Angevin & l'autre Vandomois ^, Bien congnus des rochers, des fleuves, & des bois, Tous deux d'âge pareilz, d'habit, & de houlette. L'un bon joueur de flûte, &: l'autre de musette, L'un gardeur de brebis, & l'autre de chevreaux,
Éditions. — Chant pastoral..., plaquette, 1559. — Œuvres (Poëmes, 4' livre) 1560; (Elégies, }' livre) 1567; (Elégies, Eclogues et Mascarades, 5° livre) 1571, 1575 ; (Eclogues et Mascarades) 1578 à 1587.
Titre. yS-Sj Edogue ou Chant pastoral sur les Nopces...
1. C'est la première fois qu'un poète de la Pléiade publiait un poème de ce genre; Ronsard, qui avait mis la « chanson bucolique » au programme de la nouvelle école en 15 53, dans V Elégie à J. de la Peritse (y. le tome V, p. 263), prenait là les devants comme pour l'ode et l'hj'mne ; ce qui ne prouve pas qu'il ait été le premier de sa « volée » à cultiver ce genre : Baïfen réclama la paternité (v. ci-dessus, p. 69, n. 2). Au reste, ce n'était pas une nouveauté dans la poésie française : Cl. Marot avait déjà fait des chants pastoraux, mettant en scène ses amis ou lui-même. En 153 i il avait écrit la Complainte sur le trespas de Loyse de Savoye en forme d'Eglogue; en 1559, ^'Eglogue au roy sous les noms de Pan et Robin ; en janv. 1544, VEglogue sur la naissance du fils de Mgr le dauphin ; peu avant sa mort, \z Complainte d'un pastoureau chrestien, faite enferme d'Eglogue rustique. De leur côté Maurice Scève et Hugues Salel avaient composé en 1556 des Eglogues sur le trespas du dauphin François, fils aîné de François l". Enfin M. Scève avait encore publié en 1S47 ^^ long poème rustique dialogué, sous ce titre : Saulsaye, eglogue de la vie solitaire .
2. Joachim du Bellay, angevin, désigné sous le nom de Bellot, et Pierre de Ronsard, vendomois, désigné sous le nom de Perot.
S'escarterent un jour d'entre les pastoureaux'.
Pendant que leur bestail paissoit parmy la pleine, 8 Un peu desoubz Meudon au rivage de Seine,
Ils laissèrent leurs chiens pour la crainte des loups, Bien armez de colliers, tous hérissez de clous : Et montant contremont d'une colline droitte,
12 Au travers d'une vigne, en une sente estroitte,
Gnngnerenl pas à pas la Grotte de Mcu.ion, [4]
La Grotte que Chariot (Chariot de qui le nom Est saincl par les forests) a fait creuser si belle
16 Pour estrc des neuf Seurs la demeure éternelle * : Qui pour l'honneur de luv ont méprisé les eaux D'Eurote, & de Permesse, &: les Tertres jumeaux D'Helicon, & d'Olympe, & la fameuse source
20 Qui du Cheval volant print son nom &; sa course ', Pour venir habiter son bel Antre emaillé. Dans le creux de la terre en un roc entaillé.