Art poîliqiie, liv. III, vers 329 et suiv
Xn INTRODUCTION
dus enun même chapitre'. Ronsard et son commentateur Ma rcassus attribuent à ce genre poétique une origine française ^,
La mascarade est tantôt un ballet, dont les danseurs travestis disent ou chantent à Iturs dames des poésies galantes dans l'intervalle des figures, tantôt un spectacle allégorique, dont les acteurs, ornés de costumes et attributs distinctifs, personnifiant des divinités de la mythologie ou des forces de la nature, débitent des compliments aux souverains ; c'était dans ce cas une sorte de féerie. Elle procède de la tragédie et de la comédie, soit qu'on la considère avec Ronsard et Vauquelin comme une réduction de ces deux genres, inventée par les Italiens, soit qu'elle ait une origine beaucoup plus ancienne et remonte aux variétés des « ballets » grecs et latins, que Marcassus s'est plu à nous énumérer dans son commentaire?.
Dans les cartels, ainsi que dans les pièces débitées ou simplement offertes au cours de la mascarade, la structure des vers varie au gré du poète : la forme adoptée est tantôt celle du sonnet, tantôt celle de l'ode, tantôt celle de l'épître. Toutefois, i^ n'est pas téméraire d'affirmer que le rythme strophiquç était réservé aux pièces que l'on devait chanter. Mais, même dans ce cas, le poète ne cherchait par les complications : il composait généralement des strophes isométriques-*.
Cartel ou mascarade., c'était une œuvre d'art essentiellement éphémère, puisque son principal charme résidait dans les mouvements, les costumes et les voix, et qu'elle ne laissait après elle
1. Art poétique français, liv. III, chap. m : Du cartel ou mascarade.
2. Ronsard, dans le sonnet qui sert de préface à la section des Mascarades et Cartels en 1587 (v. l'éd. Blanchemain, t. IV, p. 120, ou mon éd. in-8 Lemerre, t. VI, p. 19) ; Marcassus en son commentaire de ladite section, éd. de 1623, t. I, p. 486.