Rimes phonétiques; on pronomjait /)ar iné
4. C.-à-d. : vous fait un sacrifice (ici une libation), comme à une divinité tutélaire. Cf. ci-dessus, la Bergerie, vers 4O) et suiv.
5. R. se fait illusion sur l'efficacité de la paix d'Amboise, à moins qu'il ne feigne d'y croire. En réalité les haines religieuses se manifestèrent durant le voyage même de la Cour, et l'on sait qu'elles se rallumèrent peu après. Mais toute cette fin, depuis le vers 156, est imitée d'Horace, op. cit., str. 5 et 8-9 ; et ici la transposition n'est pas parfaite.
ELEGIE [44 v°]
A Monsieur de Foyx
Ambassadeur du Roy en Angleterre ET Maistre de ses Reciuestes '.
Ton bon conseil, ta prudence & ta vie Seront chantez du docte Outhenovie -, A qui la Muse a mis dedans la main L'outil pour faire un vers Grec & Romain. Il est bien vray, si tu voulois entendre A te chanter, que seul tu devrois prendre
Editions : Elégies, Mme. et Beigerie, 1565. — Œuvres (Elégies, 2' livre) 1567 à 1573 ! (^'l-> ^'^'""^ unique 1578 ; (Bocage royal) 1584, 1587 et éd. suiv.
Titre 7c? A Monsieur de Foix. Elégie | 84 Discours à Monsieur de Foix I 8y suppr. Discours
5-6. 78-84 II est bien vray que seul tu devrois prendre Si beau travail : mais tu n'y peux entendre [ Sy 11 est bien vray que seul tu devrois dire Ta vertu propre, & toy-mesme t'escrire
1. Paul de Foix, comte de Carmain, l'un des esprits les plus cultivés de son temps, conseiller au Parlement de Paris, puis maître des requêtes et conseiller dn Roi, en son Conseil privé. Il prit part aux négociations du traité de Troyes et représenta la France, comme ambassadeur, en Ecosse, en Angleterre, en Espagne, à Venise et à Rome. Partisan de la liberté de conscience, qu'il osa, presque seul, réclamerdans le grand Conseil de Lyon en septembre 1574. Nommé archevêque de Toulouse en 1576, il mourutà Rome en mai 1584, .îgé de 56ans. V. les regrets de Montaigne •à propos de cette mort, Essais, III, 9 (éd. Villey, p. 232). Son oraison funèbre fut prononcée par Marc-Antoine Muret, Orat., I, 26.
2. Charles Uytenhove (en latin Utenhovius), poète flamand, originaire de Gand, qui avait été le précepteur des filles de Jean Morel (l'ami et protecteur de Ronsard et de Du Bellay). Il connaissait neuf langues, dont l'hébraïque et la chaldaïque, au grand émerveillement des b'arisiens. Il avait quitté Paris à l'automne de 1562, pour accompagner à Londres Paul de Foix (il annonçait son départ à Morel dans une lettre du 2 nov.). En octobre 1564, dans une lettre à Turnèbe, il -annonçait le départ dudit ambassadeur, envoyé en Espagne. Cf. P. de Nolhac, Ronsard et VHitmanisvie, pp. 174, 216 et suiv. ; W. J.inssen, Cbtules Ulenhove, sa vie et son œuvre (r/j6-j6oo), thèse de Nimègue, 1939.
Si beau travail : car Nature t'a fait 8 En ce mestier excellent &. perfait :
Mais tu ne veux : puis ta charge publique, Où ton esprit songneusement s'applique, Ne peut souffrir que tu penses à toy,
12 Du tout pensif aux honneurs de ton Roy.
Ainsi ta peine heureuse le demande, Et mon devoir, qui est tien, me commande De te louer, & d'un mal plaisant son
16 Chanter ta gloire en si basse chanson.
Hà que les glis sont heureux qui sommeillent Six mois en l'an & point ne se resveillent ' ! Helas, de Foyx, je voudrois volontiers [45J
20 Avoir dormi trois bons ans tous entiers^ :
Je n'eusse veu, ô vengeance enragée.
Par ses enfans la France saccagée :
Je n'eusse veu le tort bien debatu
24 Se déguiser du masque de vertu 5 :
Je n'eusse veu vioUer l'innocence, Et toute chose aller par impudence :
Je n'eusse veu les hommes, transportés
7-8. JS-S4 Et toutefois la Nature t'a fait En ce mestier excelleiit & parfait | Sj Car la Nature excellente fa fait En ce mestier artizan tresparfait