‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 18 sur 263 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

De Troyes, où Catherine avait remporté un grand succès diplomatique, en débarrassant le sol français de toute occupation anglaise, la Cour se rendit tranquillement à Bar-le-Duc pour le baptême du fils de Charles III, duc de Lorraine, et de Claude de France. Là encore, dans la première quinzaine de mai, des fêtes furent données, notamment des mascarades, pour lesquelles Ronsard écrivit un débat à l'ancienne mode entre les Eléments et les Planètes sur l'origine des vertus du roi de France, débat tranché par Jupiter; il composa aussi quelques sonnets, dontl'un à l'adresse de la duchesse douairière, Christine de Danemark, grand-mère paternelle du nouveau-né'.

Puis, ce fut le silence, Ronsard pensa qu'il avait assez contribué par ses vers courtisanesques à la pacification des esprits, qu'il n'avait plus à « rompre son repos »

Pour Papaux ny pour Huguenots ^

et qu'après tout d'autres poètes de sa « volée», Baïf, Jodelle et Belleau, sans compter les rimeurs locaux, pouvaient bien le remplacer dans l'office de panégyriste des souverains et de conciliateur des deux partis religieux. Il laissa donc la Cour poursuivre son voyage et revint à Paris, d'où il se contenta d'adresser à la reine-mère deux épîtres, l'une vers le mois d'août, pour lui raconter les mille bruits qui circulaient sur la situation politique, l'autre à la fin de l'année, pour lui souhaiter bonne fin de voyage et lui dire combien sa longue absence était péniblement ressentie au Louvre et dans ses chères résidences proches de Paris î.

Le 15 mars 1565, on retrouve sa trace au prieuré de Saint- Cosme-lez-Tours, où il s'installe +, et c'est de là que, s'arrachant aux joies tranquilles du jardinage, il rejoignit la Cour à Bordeaux à la fin d'avril, quand l'entrevue de Bayonne entre

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