‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 19 sur 263 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

Charles IX et sa sœur Elisabeth, reine d'Espagne, eut été décidée. Il céda lors à la prière de son roi ou de la reine-mère. L'historien de Thou aftirme qu'on le fit venir aux fêtes de Bayonne pour en rehausser Téclat'. Nous l'en croyons, car son témoignage a du poids ; mais il aurait pu ajouter que le poète fut obligé, soit fatigue, soit maladie, de s'arrêter en route, « aux bords de la Garonne », où il fut l'hôte de Jean Belot, conseiller au Parlement de Bordeaux, et qu'il dut se contenter de confier à un ami (probablement Ant. de Baïf, qui prit une grande part aux fêtes de Bayonne) le soin de présenter les Slances qu'il avait composées « pour l'avant-venue de la Reine d'Espagne » ^. Pour s'en convaincre, il suffit de hre de près cette pièce, qui « honore par penser » l'heureux jour où Catherine de Medicis reverra sa fille bien-aimée, et le poème de la Lyre, que Ronsard adressa plus tard au conseiller Jean Belot pour le remercier de sa courtoise hospitalité'. D'ailleurs, s'il avait assisté en personne à cette fameuse entrevue, il s'en fût glorifié ; or, nulle part il n'en a dit mot, bien qu'en plusieurs pièces l'occasion fût belle. Rien non plus chez les contemporains qui ont relaté ou jugé les fêtes de Bayonne, pas même chez ceux qui en furent les témoins, tel qu'Abel Jouan, Brantôme, Monluc et la princesse Marguerite, future reine de Navarre. Et, si ces raisons a siknlio ne paraissent pas suffisantes, je renvoie à l'élégie de Passerai « sur le trespas d'Adrien Turnèbe », qui dit clairement que lors de cette mort, le 12 juin 1565, Ronsard, Delbene, Belleau et lui Passer'at, étant à Paris, eu furent les témoins attristés, tandis que Baïf, qui était à Bayonne, ne l'a connue que par ouï-dire :

Mais de Baïf absent la douleur n'est pareille : Il ne boit le malheur sinon que par l'aureïlle, Noas la bcuvons des yeus, qui l'avons veu mourant*.

1. Hislotia. . ., lib. XXXVII : « Illuc etiam uhro accersitus i'ueiat P. Ron>aràus. .. >i (éd . de Londres, 1735,1. II, p. 455). Pour l'inierpréiation de ce texte, v. mou Ronsard poêle lyr ., p. 224, note 5 .

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