Suy voit hardy
1. Cette pensée de l'égalité des hommes devant la mort revient sous maintes formes dans l'œuvre de Ronsard. Pour l'opposition entre l'homme et la nature extérieure, sous le rapport de la durée, cf. l'ode Quand je suis vint ou trente mois, t, VII, p. 98, texte et note i.
2. C.-à-d. épargner les jeunes. Latinisme, déjà vu au début de l'églogue Paisse^douces brebis, vers 2 (t. XII, p. 95).
3. Le maréchal-amiral d'Annebaut avait remplacé comme connétable Anne de Montmorency pendant sa disgrâce (1541-1547). 11 passait pouf un chef médiocre : on l'appelait couramment M?' Ane-bœuf (B. Cel^ Uni, Mémoires^ liv. VI, ch. 4), Cf. Em. Dermenghem, Un ministre de François I", ÇLTikU delà Revue du SeÎK. siècle, t. IX, 1922, p, }4'
Sacrant sa vie à l'honneur de nos Rois. La barbe encor, fleur de jeunesse tendre,
56 Ne commençoit sur sa joue à s'estendre.
Que Capitaine il fut en tous dangers Ayant souz luy deux cens chevaux légers. Puis en croissant & en aage & en armes
60 Fut conducteur de cinquante hommes d'armes,
Montrant par tout combien Mars Testimoit, Qui sa jeunesse aux combats animoit :
Car de fraveur n'eut oncques l'ame atteinte,
64 Et ne sçavoit quel monstre c'est la Creinte,
S'estant trouvé d'un cœur vaillant & haut En meint combat, meint alarme & assaut. Quand l'Espaignol tout enflé de paroUes
68 Vint assaillir nostre camp à C'rizolles ',
Et que la France ensanglanta ses mains Des Espaignols & du sang des Germains, Cet Annebaut monstra lors sa vaillance
72 Et le devoir qu'il devoit à la France :
Car bien qu'il fust d'une fièvre assailly A tel besoing n'eust pas le cœur failly, Ainçois armé d'honneur & de prouesse,
76 L'espée au poing ouvrit en deux la presse.
Lors saccageant, tuant, & foudroyant [58 v°]
(Comme un torrent de neiges ondoyant Gaste les blez d'une verte campaigne)
80 Perdit soubz luy les plus vaillans d'Espaigne,