‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 21 sur 263 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

une langue colorée et claire, ce qui n'est pas un petit mérite. Au reste, ces fêtes où princes et seigneurs rivalisaient d'adresse, de force physique et de grâce plastique, et auxquelles s'employaient, intimement unies, la danse, la musique et la poésie, n'avaientelles pas quelque analogie avec les jeux de l'ancienne Grèce ? Ronsard a certainement fait lui-même le rapprochement ; il s'est rendu compte, plus ou moins exactement, que les « joustes, tournois, combats, cartels et mascarades», qu'il vantait somme toute avec entrain dans sa dédicace à la reine d'Angleterre, correspondaient en quelque manière et pouvaient seuls correspondre de son temps, malgré de profondes différences, aux luttes athlétiques de Delphes et d'Olympie. La preuve, c'est que, reprenant vers la fin de sa vie la définition qu'Horace nous a donnée de la poésie lyrique, il y substitua au pugilat, célébré par Pindare, mais disparu de nos mœurs, les sujets principaux du recueil de 1565, « danses, masques, escrime, joustes et tournois » '.

Bordeaux, avril 1942.

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