et éd. siiiv. graphie empannées
1. Tout ce début est imité d'Horace, Carm., I\', 8, ad Censo^iiinm, vers I à 12. Salmon Macrin avait aussi écrit une ode sur ce thème, Carm.. IV, ad Philihertum liaboum.
2. Synonyme de ailées. C'est une de ces expressions que R. se vantait d'avoir introduites dans la langue poétique (cf. t. I, p. 5 5 et II, p. 150. vers 47).
Ronsard, XIII. i?
Dy moy, Verdun, qui penses-tu Qui ait déterré la vertu î3 D'Hector, d'Achille, d'Alexandre,
Envoyé Bacchus dans les cieux, Et Hercule au nombre des Dieux, 36 Et de Junon l'a fait le gendre ?
Sinon le vers bien accomply, Q.ui tirant leurs noms de l'obly 39 Plongez au plus profond de l'onde
Du Styx, les a remis au jour, Les relogeant au grand séjour 42 Par deux fois de nostre beau monde '.
Mort est l'honneur de tant de Rois Espaignolz, Germains & François 45 D'un tombeau pressant leur mémoire.
Car les Rois & les Empereurs Ne différent aux laboureurs 48 Si quelcun ne chante leur gloire ^.
Qiiand à moy je ne veux souffrir due ton beau nom se vienne offrir 51 A la mort, sans que je le vange.
Pour n'estre jamais finissant.
Mais d"aage en aage verdissant 54 Surmonter la mort & le change. [8^]
Je veux maugré les ans obscurs,
43. 6$-ji Morte est Ihonneur {erreur typ. ; éd. stiiv. corr.) 46. 71-87 Les grands Rois ny (5; &) les Empereurs 46-48. 71-87 guillemets
1. Depuis le vers 25, ces strophes sont inspirées d'Horace, op. et loc. cit., 20 à la fin : les exemples d'Hercule et de Bacchus viennent delà.
2. Le thème de l'égalité naturelle des hommes, qui est aussi horatien, revient souvent chez Ronsard, par ex. au tome VH, pp. 58 et 105, avec ce même rapprochement.
Que tu sois des peuples futurs Cognu sur tous ceux de nostre aage, Pour avoir conceu volontiers Des neuf pucelles les mestiers, Qui t'ont enflamé le courage :
Non pas au gain & au vil prix, Mais pour estre des mieux apris Entre les hommes qu'ell' assemblent Sur Parnasse au double sourcy ' :
C'est pourquoy tu aimes aussy Les bons esprits qui te resemblent 2.
Or pour le plaisir quand à rao}', Verdun, que j'ay receu de toy.
Tu n'auras rien de ton Poëte Sinon ces vers que je t'ay faitz, Et avecq' ces vers les souhaitz Q,ue pour bon heur je te souhailte 3.
Dieu veuille bénir ta maison De beaux enfans nez à foison De ta femme belle & pudique :
La Concorde habite en ton lit.
Et bien loing de toy soit le bruit De toute noise domestique.