j Au crenx d'une tesniere obscure
Editions : Elégies, Masc. et Bergerie, 1565. — Œuvres (Discours, fin) 1567 à 1584 ; (Hymnes, 2' livre) 1587 et éd. suiv.
Titre. 67-78... A Monsieur de Valence : pour chanter en son Eglise | S4-87 Paraphrase sur le Te Deum laudamus (sans plus), mais 87 supprime le
1. Odes d'Horace, II, 5, ai Dellium, 9 sqq. et fin. La « nasselle » est la barque de Caron, nocher des Enfers ; elle vient ici directement d'Horace, loc. cit. : « et nos in aeternum | Exilium impositura cynthae. »
Cette ode est à rapprocher de deux autres, publiées en 1550, qui sont comme ses ébauches : A Charlei de Pisseleu (t. I, p. 226, à partir du vers II) et ^ René d'Urvoy (t. II, p. 148, à partir du vers 17).
2. Ce personnage m'est inconnu; il n'est mentionné dans aucun dictionnaire biogiaphique. — On comprend mieux que Ronsard, dès
Toutes les puissances des Cieux, Tous les Archanges glorieux, Chérubins, Séraphins te prient, 8 Et sans cesse d'une voix crient :
Le Seigneur des armes est saint, Le Seigneur des armes est craint ', Le ciel & la terre est remplie 12 Du loz de sa gloire accomplie.
Les saintz Apostres honorez, Les Martirs de blanc décorez, La troupe de tant de Prophettes i6 Chantent tes louanges parfaittes 2.
L'Eglise est par tout confessant Toy père grand Dieu tout puissant, De qui la majesté immense 20 N'est que vertu, gloire & puissance.
Et ton filz de gloire tout plain, [86 v"]
Vénérable, unique & certain, Et le saint Esprit qui consolle 24 Les coeurs humains de ta parolle '.
1567, ait dédié celte œuvre A l'cvcquc de Valence, Jean de Moulue (cf. t. XII, p. 183, note et ci-dessus, sonnet A Mgr de Valence) et qu'il ait ajouté au titre « pour chanter en son iiglise ». Far là il manifestait l'intention de lutter contre les protestants avec leurs propres armes, Guillaume Guéroult ayant de son côté traduit pour eux le Te Deinn (cf. Bovet, Hist.des liansformalions du psauliei\ p. 257). Au reste il dev.iit approuver l'abandon du latin comme lanp;uc liturgique, car cette réforme protest:«cite s'accordait avec son esthétique personnelle.
1. En 1550, Ronsard disait c Dieu des exercites » (t. II, p. 1S4).
2. Ce quatrain englobe trois versets de l'original : Te gloriosus Apostolorum chorus, | Te l'rophctarum laudabilis numerus, | Te Martyruni candidatus laudat excrcitus. — << De blanc décorez » correspond à candidatus, qui signifie « vêtu de blanc » et par suite resplendissant.
3. Ce quatrain paraphrase ces deux versets : Vcnerandum tuum, vcrum et unicum Filium | , Sanctum quoquc Paracliium. — Ce dernier mot,
Christ est Roy de gloire en tout lieu. Christ est PEternel û\z de Dieu, Qui pour oster rhomme de peine Ha pris chair d'uae vierge humaine *.
Il a vaincu par son efibrt L'^^uiilon de la fiere mort.
Ouvrant la maison éternelle A toute ame qui est fiJeîîe.
Il est à la destre monté De Dieu près de sa majesîé.
Et là sa ferme place il fonde Jusqu'à tant qu'il juge le monde.
O Christ éternel & tout bon, Fay à tes serviteurs pardon.
Que tu as par ta mort aniere Racheté[s] de r.incv>n si chère.
Fay nous enroKcr, s il te plaist.
Au nombre du troupeau qui est De tes esleus, pour avoir place lùî paradis devant ta f.ice -. [87]
UjioixXT;To;, signine « avocat », celui qv«*ou appelle î son !t qui intercède jx»ur v^ous. Cf. saint Jean. 14, 16. et i > . a6. D'après
du grec
secours et <
les Pères sr**^ l* Paraclet ou Saint- l-l<ï5>rii est un consolateur; d'après
Tertullien. saint .Augustin et saint Hilaite. c'est un intercesseur.
I. Ce «quatrain en^loSe trois versets de l'original : Tu Res jjloria' Christe. | Tu Pau;* <e-.v.;>iîernus «•« Filius, ; l'u ad liberandum suscepturus honiinen), «on hv^rruisti Virijinis uteruni. — Pour 1* tournure « Roi de gloire », traduction littérale de • Rex gloriae », T. ci-dessus le Cartel pour l'Hemiite, vers 32 et la note.
a. Paraphrase de ce verset : ^^erna Jac cuni Sanclis tuis in gloria numcrari.
Las ! sauve ton peuple, ô Seigneur, Et le bénis de ton bon heur, Régis & soustien en tout aase 48 Ceux qui sont de ton héritage ■.
Nous te bénissons tous les jours, Et de siècle en siècle toujours (Pour mieux célébrer ta mémoire) 52 Nous chaxntons ton nom & ta gloire.
O Seigneur Dieu, sans t'ofFencer Ce jour icy puisse passer, Et par ta sainte grâce accorde 56 A nos péchez miséricorde.
Seigneur tout bénin & tout doux, Respans ta pitié desur nous.
Ainsi qu'en ta douce clémence 60 Avons toujours nostre espérance.
En toy, Seigneur, nous espérons, T'aymons, prions & adorons, Car ceux en qui ta grâce abonde 64 N'iront confus en l'autre monde ^.
Fin.
1. Ce quatrain englobe deux versets de l'orij^inal : Salvum fac populum tuum, Domine, et benedic haereditati tuae. | Ht rege eos, et extolle illos in aeternum.
2. Ce quatrain final paraphrase l'avant-dernier verset de l'original : In te, Domine, speravi, non confundar in aeternum. Le sens des mots «N'iront confus» qui correspondent à « non contundar », est éclairé par un quatrain précédent (cf. vers 41-^4 et la note — Cette pièce est intéressante « par le choix d'un rythme imprévu (4 octosyll. m mff). qui reproduit exactement l'alternance de l'original » (n. de H. Francliet, thèse de Paris, 1923, p. 246).