‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 8 sur 263 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

dicis ; on le verra encore mieux ici dans la Proiiiesse et le Procès, Mais le recueil des Elégies, Mascarades et Bergerie nous présente le poète courtisan sous un autre aspect, celui de fournisseur de vers pour les princes et autres grands seigneurs de la Cour ; en même temps qu'il est solliciteur il est sollicité : on s'adresse à lui comme à un interprète harmonieux des sentiments et des pensées, et, la vanité aidant et le désir de plaire, il cède à de telles prières, quitte à recueillir dans ses Œuvres et à prendre à son compte les pièces écrites pour autrui.

Aux discours véhéments écrits pendant la première guerre civile succèdent les pièces que lui inspire la paix d'Amboise (mars 1563). Il y chante la joie de la réconciliation et quelques palinodies à l'adresse de Louis de Condé, chef des huguenots, qu'il avait si fort malmené. Il y applaudit aux mérites de la Reine régente, qui a non seulement pacifié les esprits en France, mais encore traité avec l'Angleterre et maintenu la paix avec l'Espagne. A la demande de Catherine de Medicis, il écrit une flatteuse dédicace en prose et un long poème, encore plus flatteur, à la reine anglaise Elisabeth, un autre à son ministre lord Dudley, un autre encore à son secrétaire Cecil. Surtout il met sa verve au service des grands seigneurs : il écrit pour eux des élégies et des sonnets d'amour, tout en prenant sa part des sentiments qu'il leur prête ; il va jusqu'à céder aux instances de deux dames amoureuses l'une de l'autre. C'est la période où il a le plus composé sur commande. Nous avons là-dessus son propre témoignage, dans le poème de la Lyre, de très peu postérieur, où il avoue que sa Muse, en pareil cas, ne le servait pas toujours à souhait:

. . . soit qu'un Prince commande

Soit qu'une dame ou l'ami m'en demande.

Voici une note, qui parut en 1567 sous la signature de Muret (en réalité Belleau), au sonnet de 1565 Douce beauté qui tue tetie:(^ le cœur : « Le Poète m'a quelquefois dit que ce sonet n'est point fait pour représenter sa passion, mais pour quelque autre dont il fut prié. » A la fin de sa vie, il a écrit lui-même celle-ci, qui accompagne le prologue des Elégies dans l'édition posthume de ses

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