y-jS En se froissant
181-182. 6j-yS Favorisant d'yeux, désigne & d'afdeur Les plus gaillards (jS vaillans) qui ont gaigné leur cœur
1. R. parle ici en connaisseur : écuyer des Ecuries royales dans sa jeunesse, il était resté un cavalier fervent. Cf. t. VIII, p. ii et XI, p. 145, note 3. — Le roussin s'oppose ici au genêt d'Espagne, comme le gros cheval de bataille (destrier) au cheval de parade (palefioy).
2. Même remarque : R. parle en témoin de ces tournois, dont l'un, en juillet 1559, avait êlé fatal à son roi. Depuis lors la violence de ces jeux s'était atténuée. Au vers 176, « à pique mousse » signifie : avec une pique émoussée.
Ou le Chevreuil qu'on chasse sans danger :
Bien que le Cerf en cent tours se dévoya [14]
Fuyant la mort, tu ne faux point sa voye,
La trompe au poing haletant & pressant
Les chiens certains, après luy languissant
Du long travail : à la tin tu le meines
Mourir aux bords des herbeuses fonteines :
Tu prends son chef, & l'ataches après
A quelque Pin, au milieu des forests'.
Nul mieux que toy ne tombe à la cadance. Quand main à main tu guides une dance, Soit découpant ou les branles Anglois, Ou les Flamans, ou les nostres François, Ou soit balant d'une jambe soudaine Une gaillarde Espagnole ou Romaine, Montrant la grève & le corps bien adroit due pour espoux une Nymphe voudroit^.
Nul tant que toy n'honore la Musique, Ny la douceur du bel art Poétique î, Qui fait ton nom voiler jusques aux cieux : Que sert aux Roys d'estre victorieux.
De commander à beaucoup de provinces, D'estre Seigneurs des peuples & des Princes, Si sans honneur ainsi qu'un bûcheron
195-194. 6-j--j^ Tu prends sou chef, puis à Diane après Le consacrant l'attaches es forests | "jS Tu pends son chef à Diane sacré En quelque Pin qui plus te vient à gré
1. Même remarque : R. était un grand amateur de chasses, y compris la chasse à courre. Cf. t. VI, p. 257 et suiv.
2. Le branle et la gaillarde, danses du xvi'-' s., et airs qui les rythmaient. — La grève, c'est la jambe (cf. t. VI, p. iS9)'
3. La musique et la poésie sont stcurs (cf. t. 1, p. 32 ; II, pp. 157 et 159). Au reste, R. emploie le mot mnùqiic au sens du grec Mo'jat/.r;, tout Je domaine des Muses.
Ils vont là bas aux rives d'Acheron Nuz de louange, & si leur renommée N'est par les vers d'âge en âge animée, Resuscitez du tombeau paresseux ? Heureux vrayment, heureux mille fois ceux Dont la gloire est de la Muse suivie, [14 v°]
Qui d'une mort fait renaistre une vie '.
Mais quand il faut disputer au Conseil, Ton bon esprit ne trouve son pareil, Soit pour traitter d'affaires d'importance Où la raison en deux pars se balance, Soit pour garnir les havres & les portz De ton pays, les villes & les fortz.
Et faire vivre en paiy le populaire Desous ta Royne, à qui rien ne peut plaire Que la vertu, qui compaigne la suit Et sur son front comme un astre reluist.
Nul mieux que toy l'estranger ne caresse, Qui doucement par ta grâce se laisse Prendre & gaigner, ainsi que le poisson Sans y penser se prend à l'hameçon.
Nul mieux que toy d'un visage accointable-, Et d'un parler courtois & amiable.
Pour de ta Royne illustrer la grandeur, Ne fait caresse à un Ambassadeur, De quelque part qu'en Angleterre il vienne,
210. éj-jS Tombent là bas au basteau de Caron 219. 6j-jS Soit pour traitter affaire d'importance
I. Ce thème de l'immortalité acquise aux Rois et autres Grands par les poètes revient comme un leitmotiv dans l'œuvre de R. (v. la pièce précédente).
s. Accessible et accueillant!
236 Et que ta grâce amy ne le retienne :
Aussy es tu la facture des Dieux.
Ne sois pourtant de ce bien glorieux •
Tant plus au ciel les choses sont poussées, 240 ■ Plus de Fortune elles sont menacées
Et de l'Envie, à qui rien n'est si cher
Que voir d'enhaut un Seigneur trébucher'. Mais toy qui prens des trois Parques la vie, [15] 244 N'es point sujet comme un peuple à l'envie.
Plus puissant qu'elle, & la voirras mourir,
Et tes vertus héroïques fleurir,
Sans que sa lime odieuse te ronge, 248 Car ta vertu surmonte la mensonge.
Or, Monseigneur, coupable je serois
Si moyqui suis chantre de tant de Rois,
161-256. Sjf. supprime CCS soixante sei:^e vers et les remplace par les sei:^e que voici : Alors que l'âge aura de ton printemps Un peu meury les plaisirs inconstans, Et que l'ardeur qui les guerres anime Te rendra Prince & fort & magnanime, Toutes forests, tous rochers d'alentour Ne parleront que d'armes & d'amour, De palefrois, d'escuyers, de querelles. Et de venger l'honneur des Damoiselles, De nains, combats, & de ponts périlleux, D'enchantemens, de hazards merveilleux, Le vray subject de ceste table ronde, Qui de son nom doit couvrir tout le monde. Et de laquelle, o très-vaillant Artus, Seras l'honneur pour tes hautes vertus. Et de tous Rois, qui bouillans de jeunesse Voudront un jour imiter ta prouesse
259-242. 71-78 guillemets \ 84 Tant plus en haut les choses sont poussées. Plus contre bas elles sont abaissées Par la fortune, à qui n'est rien si cher Que voir d'enhaut les Princes trébucher