Or à bon droit coulpable je serois
I. Conseil que R. a souvent adressé aux Grands, par ex. au Cardinal de Lorraine (t. I, p. 82) et au roi Henri II lui-même (t. IX, pp. 114 et 141). Ainsi Pindare recommandait à ses héros la modération dans le bonheur, et le soldat romain répétait au général durant les honneurs du triomphe : Souviens toi que tu es hommci
Fils de ce siècle & vivant de ton aage, 52 Je ne rendois au peuple tesmoignage
De ta vertu : car point je n'ay passé La mer qui tient ce Royaume embrassé.
Pour te chanter d'une chanson frivolle : 56 Je veux que vive à jamais elle voile,
Et qu'à tout aage elle face sçavoir Que j'ay franchy l'Océan pour te voir'.
Fin.
2)2. 7<S Je ne rendois de ton nom tesmoignage
253-258. -/H Bien qu'en bateau jamais je n'ay passé Ton Océan qui te tient embrassé, Enflé de flots & de vagues confuses, Toutefois l'art qui procède des Muses, Et qui me vient de leur grâce animer, Tout furieux m'a fait passer la mer. Avec addition de ces six vers : Non par le corps mais par l'esprit qui erre Sans nul obstacle au travers de la terre, Franchist la mer, les peuples & les bords. Du seul penser se desrobant du corps : Par luy j'ay veu tes vertus en absence, Tant des neuf Sœurs l'outil a de puissance
249-258. 84 remplace ces dix vers {sei^e vers en y S) par ce simple distique : Ainsi Merlin d'Artus profetisoit, Et vray devint tout cela qu'il disoit
I. Furieux (dans la var.) ;= inspiré, enthousiasmé. L'addition explicative de 1578 reprend cette idée que le poète est un visionnaire et uu prophète. Cf. t. I, p. 144; II, p. 159.
BERGERIE [15 v°]
dédiée à la Majesté de la Royne d'Escosse ' .