LES PERSONNAGES
Le premier Joueur de lyre dira le Prologue. Le chœur des Bergères.
Orlêantin, Angelot.
Navarrin, Guisin.
Margot ^ .
Éditions : Elégies, Mascarades et Bergerie, 1565. — Œuvres (Elégies, livre I) 1567 à 1573 ; (Eclogues) 1578 à 1587 et éd. suiv.
1. C'est une sorte de mascarade-pastorale ou d'églogue-ballet, genre nouveau en France, comme il est dit dans l'épilogue. Elle fut composée en mars ou avril 1564, d'après les indications mêmes du texte : le lieu de la scène est Fontainebleau et la saison le printemps. Or, la Cour a séjourné à Fontainebleau du i'^' février au 15 mars; arrivée à Troyes le 2} mars, elle y resta jusqu'à la fin d'avril, retenue par les négociations de la paix avec l'Angleterre. — Malgré les apparences et l'opinion contraire, encore soutenue, je pense que cette Bergerie ne fut pas réellement jouée; pour mes raisons, v. ci-dessus l'Introduction.
2. Cette distribution des rôles a donné lieu à des erreurs qu'il s'agit de dissiper. Orlêantin, c'est le prince Henri, alors duc d'Orléans, qui deviendra roi de France en 1574, sous le nom de Henri 111. Angelot, c'est le prince François, alors duc d'Anjou, le dernier des fils de Henri II, Navarrin, c'est le prince Henri de Navarre, qui deviendra roi de France en 1589, sous le nom de Henri IV. Guisin, c'est Henri de Guise, qui conspirera contre Henri III et sera assassiné au château de Biois eu 1588. Margot, c'est la princesse .Marguerite de Valois, qui deviendra reine de Navarre par son mariage avec le susdit Navarrin en 1572. — Le plus jeune de ces « personnages », Angelot, n'avait alors que neuf ans; le plus âgé, Guisin, en avait treize. — A noter que le roi régnant, Charles IX, ne figure pas parmi eux, sa majesté le retenant au premier rang des spectateurs, près de sa mère Catherine, et la pièce ayant été composée en leur honneur.
Le premier Pasteur voyageur.
Le second Pasteur voyageur.
Le second Joueur de lyre
Deux Pasteurs dedans un Antre :
Vun représentant la Royne,
Vautre Madame Marguerite, Duchesse de Savoie ' .
Le premier joueur de lyre commence.
Le Prologue.
Les chesnes ombrageux, que sans art la Nature
Par les hautes forests nourrist à l'avanture,
Sont plus doux aux troupeaux, & plus frais aux bergers
4 Q.ue les arbres entez d'artifice es vergers : Des libres oyselets plus doux est le ramage Que n'est le chant appris des rossignols en cage, Et la source d'une eau sautante d'un rocher [lé]
8 Est plus douce au passant qui Testé vient coucher Son corps entre les fleurs de la rive rustique,