LIVRE I
En l'air ravy ses chiens qui levoyoient L'ombre de l'aigle & les vents aboyoient ' !
Hector avoit cette robe portée Le jour qu'Hélène en triomphe abordée Entra dans Troye, & depuis ne l'avoit Mise : sans plus, de parade servoit Au cabinet, où les plus chères choses De ce grand Prince estoient toutes encloses.
La luy donnant, prenez, dit-el, mon filz, Ce beau présent que de mes mains je fiz, Pour gage seur d'amitié maternelle, Ayant de moy souvenance éternelle.
Ainsi pleurant, Francus elle acola, Puisespasmée au logis s'en alla, Où. de son corps l'ame estant destachée Dessus un lit ses servans l'ont couchée, Pour la donner au sommeil adoucy Qui des mortels arrache le soucy.
En cependant Helenin prend la corne [39]
D'un grand toreau au col pesant & morne, Au large front, & de fleurs couroné,
103 1. 7; Cherchant secours : ses chiens qui le voyoient | "jS-S"] Ses chiens en l'air qui pendu le voyoient
1043. 7i* Pleurant ainsi | ■j^'^ Pleine de pleurs | "jS-S"] texte primitif
1044-46. 7j" Puis se pasmant au logis s'eir alla, Où ses servans en son lit l'ont couchée Ayant du sein l'ame toute arrachée | 7^'' Puis se pasmant au logis s'en alla (L'ame du corps à demi détachée), Où ses servans en son lit l'ont couchée | jS-Sy Le corps tout seul au logis s'en alla, L'ame demeure en son fils attachée : Puis sui un lict ses servans l'ont couchée
1048. yS-Sy enchante le soucy
1051. 7^-8j Au large front, & sans aucun effort
I. Tableautin emprunté à Virgile, En. V, 250 sqq., et déjà transporté par Ronsard dans une ode de 1550 (cf. mon tome I, p. 251). Quant à la description générale du vêtement offert par Andromaque à son ftls, elle s'inspire de celle que R. lisait dans Apollonios, Argon. I, 721 sqq. Ronsard, XVI. — i. 6
1052 L'a d'une main au rivage amené
Puis un grand coup de maillet lu)' desserre Dessus le front : le toreau tombe à terre Sur les genoux à chef bas estandu ' !
1056 II l'egorgea : le sang s'est respandu
A longs filetz au fond d'une grand'tasse ; Dedans le sang qu'à bouillons il amasse Mesla du vin, par trois fois l'escoula
1060 Dessus la mer, puis Neptune apela *.
Père Neptun', Saturnien lignage 5, A qui la mer est venue en partage, Père vieillard, escumeux, & chenu,
1064 Grand nourrissier de ce monde tenu
Entre tes bras, de qui la vive course Coule toujours d'une éternelle source, Que le Soleil n'a peu jamais tarir,
1068 Pour te laisser toutes choses nourrir :
Enten ma voix : donne que la navire
1052. 75^ De son bon gré le meine sur le bort | "j^^ De gré l'ameine au premier front du bort | jS-S-j De son bon gré l'amenoit {S'j l'ameine) sur le bort
1055. 7^' Puis d'un grand coup [erreur typ. ; éd. suiv. corr.)
1054. jS-Sj Entre les yeux
1055. (Î7 Sur les genoux sur le front estendu
1057. jS-Sj dans le creux d'une tasse
1058. 7^'' Avec le sang | ^8-84 Parmy le sang | 8y Parmy le sang que fumeux il amasse
1060. 7?'' & Neptune apella | jS-Sy texte primilif avec appelia 1062. 73-^7 A qui par sort la mer vint en partage 1063-66. Tj-S"] suppriment ces quatre vers
1. Détail encore emprunté à Apollonius, qui fait assommer un taureau pour le sacrifice de la même façon par Hercule, Argon. I, 427 sq. Cf. Virgile, En. V, 477 sqq.
2. Pour cette libation au dieu de la Mer, v. encore Virgile, En.V, 774 sqq. Dans Apollonios, c'est à Apollon que Jason fait une libation analogue, Argon. I, 455.