LIVRE II ÎO
Ha! tu devois en la Troyenne guerre Faire couler mon cerveau contre terre ', Sans me sauver par une feinte ainsi Pour me trahir à ce cruel soucy :
J'eusse honoré les tombeaux de mes pères, Où ^ je n'aten que ces vagues ameres Pour mop sépulcre, abuze de l'espoir Que tes destins me firent concevoir.
Comme il disoit, les tempestes troublées Ont contre luy leurs forces redoublées Plus que devant, & le foudre grondant Avec la pluye en tortis descendant, Suivy d'éclairs, d'opiniâtre presse Léchoit la mer d'une lumière épésse A feu menu qui sur l'eau s'élançoit, 196 Et des Troiens les yeux éblouissoit.
Des vieux patrons la parole épandue Sans estre ouye en l'air estoit perdue, Tant la fureur de Bore, qui donnoit Par le cordage, horrible s'entonnoit :
L'un du navire étoupe les crevasses 5, L'autre s'oppose aux humides menaces,