‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 19 sur 425 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

Franciade. Nommons d'abord le Parisien Claude Garnier, qui, non content d'écrire à son exemple des odes pindariques, ajouta à son épopée un cinquième livre, qui parut en 1604 ; cette dernière oeuvre le fit comparer à Quintus de Smyrne, qui avait donné une suite à l'Iliade ; plus modeste et prudent que ses devanciers, il mit en tête de son essai cet hémistiche de Properce : In magnis et voluisse sai est >. Deux ans après, un émule de Garnier,, Jacques Guillot, « crut que de marcher sur les pas de Ronsard, c'était obliger la renommée de publier sa gloire autant que celle de Ronsard mesme... Il fit donc imprimer à Paris, l'an 1606, un poème intitulé: La suite de la Franciade de P. de Ronsard ». Ainsi s'exprime G. Colletet dans sa Vie des Poètes françois », mais il oublie de dire que cette « suite » se réduisait à un cinquième livre.

Je ne cite que pour mémoire un certain Levet, qui aurait publié un sixième livre en 161 5 ', mais je dois signaler encore une autre Franciade, publiée par le sieur Geuffrin, secrétaire de feu le duc de Mayenne, à Paris en 1623. C'est, d'après le sous-titre, « une histoire générale des rois de France depuis Pharamond jusqu'à Louis le Juste » mise en vers français, pour faire suite à l'épopée de Ronsard. C'est une œuvre moins poétique, ou, si l'on préfère, moins ronaanesqué, sans toutefois présenter la sécheresse qu'un tel sujet pouvait faire craindre. Divisée en six livres, elle contient dans le dernier la vie de Henri IV et l'éloge de Louis XIII.

Ensuite il n'est plus question de Francus, ni de la Franciade ♦.

1. Ce même Garnier fut chargé, pour l'édition des Œuvres de Ronsard publiée en 1623, de « leur rendre par une correction volontaire l'honneur qui leur avoir esté ravy par les ignorances ou les négligences de la presse » ; on le pria en même temps de commenter les Discours politiques de notre poète.

2. Cité par A. de Rochambeau dans sa Famille de Ronsarf (Paris, Franck 1868), p. 228.

}. D'après G. Allais, De Franciadis eftica fabula in posteriore XF/"' seculi parie (thèse complémentaire de Paris, 1891), p. 98, note i.

4. Sauf deux exceptions remarquables : Racine, dans la seconde préface de son Andronmque, s'autorise par prétérition de l'exemple de Ronsard pour faire vivre Astyanax auprès de sa mère en Èpire après la chute de Troie. L'historien Dupleix, fort en vogue sous Louis XIII et publié

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