Tournure homérique ; la force du géant, pour le géant
De jour en jour a tué sur l'autel
L'un des captifs pour offrande funeste.
Ils sont tous morts : ha ! je meurs & ne reste
Sinon mon fils, qui sentira demain
La pesanteur de sa cruelle main.
Ainsi disoit, versant soubs sa paupière De tiedes pleurs une large rivière, A gros sanglots entre-rompant sa voix, [88]
Lors que Francus, le tige de noz Roys, Meu de pitié, le console & le flate, Et luy respond : J'aurois une ame ingrate, Né d'un rocher, & d'un tigre conceu, Si, mesurant le bien qiie j'ay receu De toy, seigneur, à ma douleur extrême, Pour te sauver je ne t'offrois moi-mesme Mon sang, 'ma vie, & ce glaive tranchant, Assez pointu pour punir un méchant.
Fay-moy, sans plus, apprester sur la place Armes, chevaux : ains que demain se passe, Il connoistra qu'un père valeureux A son malheur m'engendra vigoureux,
1068. P A tous les jours occis dessus l'autel
1072. 8j L'assassinat de sa brigande main Après le vers ioj2 P ajoutait ces vers, qui furent supprimés dès V édition princeps :
Un mois y a, ô meschante malice, Q.ue de mon filz il eust fait sacrifice, Mais le voyant une fleur de beauté A pour un temps fleschy sa cruauté. Par un héraut le tyran m'a fait dire Que si quelcun pour le sauver désire Combaire à luy, ne face que parler Et qu'en son lieu le veut laisser aller. J'ay suplié, j'ay offert ma couronne, J'ay commandé, jen'ay trouvé personne Q.ui contre luy à cheval soit monté. Tant il est grand, horrible et redouté.
1079. P ou d'un tygre conceu | 8j Fils d'un rocher ou d'un tigre conceu
1081. P en ma douleur extrême
loBj. 78-87 Et ceste dextre, & ce glaive trenchant
1085. 84-87 Fay moy, grand Prince
1088. P M'a engendré gaillard et vigoureux