LIVRE II
Pour ne souffrir régner une malice
Sans que mon bras vengeur ne la punisse. —
Atant Francus à son parler mit fin, Puis l'eschançon ayant versé du vin A long filets en l'honneur de Mercure ',. Estant la nuict & profonde & obscure, Jà les Trions commençans à pencher 2, Chacun se levé, & s'en alla coucher.
Incontinent que l'Aube jour-apporte 3 Du grand Olympe eut débarré la porte Et le Soleil, par les heures pressé.
Eut son baudrier en biez retroussé 4, De rais fourchuz orné sa teste blonde, Haut en son char donnant lumière au monde, Ce fier tyran à la muraille alla, [89]
Un chevalier au combat appella :
Tyran superbe & de fiere arrogance.
Le cor en bouche, en la dextre la lance
109?. 7?-<?4 à l'honneur
1095. P Ja les sept feux commenceant à pancher \
iioi. Pornantsa teste
1101-02. '^)-S7 Traçant du ciel la voye coustumiere, Au chef coifé d'éclatante lumière | 8j ajoute ces quatre vers : Dicée envoyé au Gean un herault Pour le sommer. Lacholere en sursault Qui renflama sa rage naturelle N'eut pas loisir d'escouter la nouvelle
iio}. 8y Prompt de vitesse à la muraille alla
1104. P Et son guerrier au combat apela | Sj Et sa partie au combat appella
1105. P Plein de superbe & fiere contenance
1. On faisait cette libation à Mercure à la fin du souper, ou avant le coucher(déj;i vu, l. XV, fin des Po^u/^s, et sonnet à Villeroy : Les anciens souloient...).
2. Les Trions, ce sont les deux constellations de la Grande et de la Petite Ourse. Cf. Virgile, Georg. III, }8i ; En. I, 744 ; III, 516. — De là vient le mot composé Septentrion.
5. Adjectifcomposé sur le modèle du latin hicifer. 4. Le mot baudrier était dissyllabique, comme plus loin les mots destriers, estrier, meiirdrier.
Ferme en l'arrest, sur le dos le harnois, 1108 L'espée au flanc, au costé le pavois,
Sur le rongnon la dague, & sur la teste
Un morrion brillant comme tempeste
Que Jupiter élance aux mois d'esté 1112 Sur le sommet d'une injuste cité.
Une grand' queue à la cime atachée
Du morrion ondoioit épanchée
Dessus le dos, qui autant se rouloit rii6 A flots rompus, que le chef s'ébranloit.
Pour son destrier pressoit la forte eschine
D'une cavale : elle avoit la poitrine
Blanche & le front, le reste de la peau, ri2o Hors le pied gauche, estoit de poil moreau '.
De tel harnois cest horrible adversaire
Estoit vestu, sans qu'il en eust aff"aire,
- 1105-08. 'J)-8y suppriment ces quatre vers
1 109-10. yySy La lance au poin {et poing), le morrion en teste, Qui bien cresté brilloit comme tempeste {8/ ressembloit la tempeste)
111 5. P Dessus son dos
1116. P que son chef sesbranloit iii?-i6. JS'^J suppriment ces quatre vers
1117. P la dure eschine
1120. 8y jusqu'à la queue estoit
1121. 7j D'un fort harnois