‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 196 sur 425 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Car il portoit le fer tant seulement 1124 Non pour s'armer, mais bien pour ornement,

Et pour jetter une horreur en la face

Du chevalier qui viendroit sur la place.

Il se moquoit en fronçant le sourcy 1128 Du bon Dicc-ee & luy disoit ainsi :

II 26. Après ce vers P ajoutait : Desja la Famé à haute trompe avoit Semé par tout qu'un estranger devoit Seul en camp clos se combatre à Phovcre, Quand ce cruel tout ardent de colère Corna trois (oi-x. {sic), et d'uti bruit esclatant Superbe et fier somma le combatant. Jusques à quand sans espoir de bataille Me tiendras tu au pié de ta muraille ? Et me laissant en paresse rouiller Retiendras tu mon fer sans le mouiller ? Ou bien, Dicaée, un champion ameine, Ou bien vien voir toute la terre pleine De la cervelle et du sang de ton filz Ains que Phœbus aille ambrasser Thetis. Son tais creusé me servira de coupe, Boivant sa vie au millieu de ma troupe, Victorieux pavant de toutes pars Champs et buissons de ses membres espars.

Ces vers furent supprimés dés l'édition princeps, et remplacés alors par le distique ci-dessus Ii2j-2S.

1 121-26. -/S-Sj remplacent ces six vers par ce distique : Qu'une Harpye en amour eschaufée Conceut du vent dessus le mont Rifee | 8y ajoute à ce distique un long épisode que voici : Luy tout armé, d'un sault brusque & dispos, En la flattant saulta dessus son dos : Elle sentit la charge de son maistre. Kisse, je croy que tu ne voudrois estre Sous autre main, ny ne vouldrois changer Ton vrai seigneur pour suivre un estranger. Long temps y a que ta race sans vice Faict généreuse à la mienne service. Mes bisaieux ont nourry tes ayeux. Pour ce aujourd'huy rends moy victorieux : Va, vole, cours, la campagne pouldroye, Que ce mignon devienne nostre proye. Pour attacher son mornon cloué Au haut du temple à mon père voué. Je doubleray pour telle recompense En tes vieux ans ton foin & ta despense : Seule au hault bout je te feray loger De mon estable, & par honneur manger, Tousjours de fleurs la teste couronnée, Si ton pied prompt gaigne ceste journée. — Parlant ainsi la cavalle l'ouit : Mais pour néant son cœur s'en resjouit, Entrebatu du désir de la gloire Et de l'espoir d'emporter la victoire. Car Jupiter desja de ces deux corps En sa balance avoit poizé les Sors : Cil de Francus s'esleva d'une brasse, Et l'autre à bas pendit contre la place. Son bon Daimon alors l'abandonna, Et son mauvais en oyseau se tourna, En qui souvent se changent les Harpies, Chiens à Juppin, sous son trosne accroupies, Tousjours au guet pour punir les mortels Qui ont poilu son temple & ses autels. Ce triste oyseau par un mauvais présage Luy rebatoit des ailes le visage, Egraffignoit & picquottoit les mains. Orphne îes Dieux, Orfraie les humains Le vont nommant, qui d'une aile qui sonne De nuict en l'air les crédules estonne

1127-28. (?7 Tandis Phovérc en fronçant le sourci Moquoit Dicée & le bravojt ainsi

Pour champion ta sotise m'apreste,

Vieil radoté, la phrygienne teste

D'un jouvenceau qui sçauroit mieux ramer, [90] ri52 Comme un forsat, que furieux s'armer.

Pour le loier d'une telle entreprise

Tu as ta fille à ce Troyen promise.

Pauvre chetif ! Ce fer dont il mourra [136 Pour son douere un tombeau luy don'ra.

Encor dit-on que ce banny se vante

Que le destin les Gaules luy présente,

Voire & qu'il erre où le ciel le conduit, 1140 Le pauvre sot, des oracles séduit.

Qui ne scait pas que sur les choses nées

Ne peuvent rien les vavnes destinées !

Crète est sa Gaule, ik mes braves fureurs 1144 Seront le but de ses longues erreurs '.

En moy ne soit la mort renouvellée

De mon ayeul le superbe Talée,

Qu'une Medée, en sauvant des dangers 1148 Je ne scay quels pyrates estrangers

II ÎO. P Ainsi qu'on dit, la phrygienne teste

1130-31. On lit Viel radouté... frygienne... Jovenceau (éd. suiv. corr.)

1132. P Et s'enfuir que combatre ou s'armer | 7j' Comme un forsat qu'aux batailles s'armer

1131-32. 7 j'" D'un jouvenceau mieux apris à ramer Comme un forsat qu'aux batailles s'armer | 78-Sy D'un jouvenceau qui sçauroit mieux ramer Comme un forsat (et forçat) qu'aux batailles s'armer

II 36. P Douere et femme en son sang lui don'ra | 7^-84 graphie douaire... luy donra

1135-56. Sy A ce muguet qui fait chez toy du beau, Dont le douaire est voisin du tombeau

1138. On lit GauUes (éd. suiv. corrigent, ainsi que Gaulle auvers 114^)

1140. P Le sot qu'il est | 8y Le pauvre fut des oracles séduit

1141. Sy sus les

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