LIVRE II
Ensorcela d'un magique murmure '.
Ce n'est pas moy qui des charmes a cure
Ne qui me laisse aux paroles piper :
IIS2 Le fer tranchant ne me scauroit couper,
Ny Jupiter tuer de son tonnerre. S'il règne au ciel, je règne en ceste terre 2. — De tels propos comme il s'alloit bravant',
1156 A larges pas Francus vint au devant :
Je suis celuy que ton orgueil méprise, Jeune Troyen, auteur de l'entreprise, Qui te veux faire avant le soir sentir [91]
1160 A ton malheur que peut un repentir.
Va-t-en braver de tes paroles fieres Vieillards, enfans & pauvres filandieres, Qui tout le jour tirans le fuzeau plain
1164 Gaignent la vie au labeur de leur main.
Aproche-toy, tu as trouvé partie +
1150. P qui les charmes endure
1150-51. 84-Sj Des vains destins de Francus je n'ay cure : Tels sots abus ne me viennent piper
1152-55. F Les vers charmeux ne me peuvent tromper, Non Jupiter ce rueur du tonnerre
II 54. P S'il règne en l'air
1161. P Va estonner de tes parolles fieres
1164. Après ce vers P ajcutait : Tel que je suis, je suis soldat pratique : Je scay coment il ùut cresper la pique, Courir la lance en guerre et en tournois, Je scay que peut la masse et harnois, Piquer chevaux et leur donner carrière, Assaillir seul, deffendre la barrière, Des le matin jusqu'au soir bataillant, Hoir des vertus d'un père si vaillant
Ces vers furent supprimés dès ThUlion princeps et les quatre précédents (i 161-64) disparurent aussi des éd. suiv.
1165. P Aproche doncq
1. Note de l'éd. de 1587 : « Ce conte est dedans le quatriesme livre des Argonautes d'Apollonius Rhodius » (IV, 1638 sq.). Maisle nom de ce géant est Talôs, qui devient ici Talée pour la rime.
2. Ronsard avait déjà développé cette idée dans V Hymne d'Henii II (t. VIII, p. 26).