LIVRE II
N'est un cheval aux armes bien apris. [92]
Le sang vaincu du vainqueur est le prix, Et la cervelle à mes pieds épandue, Les os semez, & la teste pendue Sur mon portail qui me sert de trofé, 92 De tiède sang à toute heure échaufé.
Si de la mort il t'est pris une envie. Comme ennuyé des malheurs de ta vie, Tu es trompé de te laisser mourir.
Chevaux perdus se peuvent raquerir, Une maison peut nous estre rendue :
Mais quand la vie est une fois perdue. Ensevelie en un tombeau reclus, C'est fait, les Soeurs ne la refilent plus '.
1188. Ou lit vinqueur («'(^. suiv. corrigent, sauf y j') 1187-88. P N'est un toreau, n'un cheval belliqueur : Le sang vaincu
est le prix du veinqucur | yS-Sj N'est ny trépied, ny cheval, ny escu, Mais bien la vie & le sang du veincu
1189. P en cent lieux espanduë ( yS-Sy en la place espandue 1191-92. P Doncq si tu as quelque pitié de toy, Pauvre garson Ne
t'ahurtes à nioy | y^ Pour un trophée au haut de mon portail. Qui s'embellit (75'' s'orgueillit) de sang en lieu d'esmail | y8-8y Pourestonner par si piteux {8y si horrible) efFroy Ceux qui voudroient combatre contre moy
1192. Après ce vers P ajoutait : Mieux te vaudroità voir ta contenance Faire l'amour ou mener une danse, Ou des bouquets cacher dedans ton sein. Que de tenir les armes en la main
1193. 7?-<?4 Si de mourir tu conçois une envie 1195-96. 7J" » Tu es trompé, le mal fuit de la main, » Ce qui nous
nuit nous sert le lendemain | 75*" Tu es un fat engourdi de sommeil, 11 n'est que voir les rayons du Soleil | ■JS-S4 » Tu es trompé, le temps viste en son tour » Fait & défait la fortune en un jour
1197. P nous peut estre rendue
1 197- 1200. 7; supprime ces quatre vers | y8-84 les remplacent par cfvxci : Il fault souffrir l'une & l'autre fortune, Demain la blanche & aujourd'huy la brune. Mais l'homme ne d'un courage vaillant Doit achever sa fin en bataillant
1193-1200. Sy supprime ces huit vers
I. Les sœurs, ce sont ici les trois Parques. Cf. t. VHI, p. 171, V. 167-170,
Or, s'il te plait d'une brave écriture Et d'un beau tiltre orner ta sépulture, Vien au combat, grand honneur tu auras
1204 Quand par la main de Phovere mourras. —
A tant mit fin à sa menasse fiere, Ne sachant point que c'estoit la dernière. Pauvre chetif ! le cours de son destin
1208 En ce lieu mesme avoit borné sa fin.
Tandis Francus, qui le combat désire, Songneux, des l'aube avoit de sa navire Ja fait venir le harnois que portoit
1212 Troïle à Tro5'e, alors qu'il combatoit
Contre les Grecs ', imitant la vaillance Du bon Hector, & non pas la puissance. Que ^ pour présent Helenin luy donna [93]
1216 Le jour qu'au vent sa voile abandonna 3,
1201. P Ou s'il I 75 M^is s'il te plaist | ^S-84 Donq s'il te plaist | Sj Puis qu'il te plaist | jj'' belle escriture
1204. P d'un tel home mourras
1203-04. 7J' Vien au combat, trop d'honneur tu auras, Quand de main telle occis te vanteras | 7 j'' Meurs de ma main & aux ombres làbas Va te venter d'un si brave trépas | jS-Sy Vien au combat, tu n'auras à desdain Quand tu mourras d'une si brave main {8j forte main)
1206-07. P que c'estoit la dernière Qu'il jetteroit
1208. P Au mesme lieu
1205-08. 7^-Sy suppriment ces quatre vers
1210. P Des le matin avoit de sa navire
1211. yS-Sy Fait apporter le harnois que vestoit
1215. y8-8y Contre Pelide
1214. 7 j'' Du bon Hector, non la forte puissance | yS-8y texte de y2
1216. P Quand aux Zephirs sa voile abandonna
Après et vers P ajoutait : 11 a premier de grèves bien ferrées A boucles d'or ses jambes enserrées, Il a vestu son harnois bien trampé. Pris son
1. Troïle, l'un des fils de Priam, osa combattre le fijs de Péléc, Achille (le Pelide de la variante), qui le tua en pleine jeunesse, d'après Virgile, En. I, 474 sqq. Cf. tome Vlll, p. 168.