LIVRE II lél
L'un resembloit à ce flot courroucé ' 1284 D'écume blanche & de vent hérissé,
Qui d'un grand branle en menassant se vire
Impétueux sur le bord du navire.
L'autre sembloit au bon pilote expert, 1288 Qui plus d'esprit que de force se sert :
Ores la proue, ores la poupe il tourne,
Et vigilant en un lieu ne séjourne,
Ains adjoustant la vigilance à l'art, 1292 D'un œil prudent évite le hasard.
Ce fier Géan, qui passoit d'une brasse,
Tant il fut grand, de Francion la face.
D'un pesant choq contre luy s'aprocha, 1296 Et le pressant l'espaule luy toucha %
L'esgratignant de légère blessure,
Et n'eust esté la trempe de l'armure,
Qui de l'acier la force rebouchoit, [96]
1500 Bien loin du col l'espaule luy trenchoit.
Du mesme coup, en relevant la dextre
Bien haute en l'air, tant qu'elle pouvoit estre,
1283-84. 75''L'un ressembloit à l'orage poussé D'écume blanche & de vent hérissé | 7<? texte de 72 | 84-8^ L'un ressembloit .i ce flot dizenier, Boufi des vents, horreur du marinier
1286. P Sur les bords d'un navire
1291. P l'expérience à l'art | j^-Sy reprennent ce texte primitif
1295. P Cet ennemy
1295-94. ■jj-Sj Ce fier Tyran enorgueilli d'audace, Qui de Francus l'asseurance (78-87 la jeunesse) menace
1295. P D'un pesant heurt
1296. P Et jusqu'au vif l'espaule | 7 j Et de son brand l'espaule luy toucha
1297. P L'esgrafignant
1295-1502. 7S-87 suppriment ces huit vers
1, Note marginale dans l'éd. de 1584 et les suivantes : « Dizenier. Les Latins l'appellent unâa decnmana, c'est la dixiesme vague la plus horrible et dangereuse de toutes. » Cf. Rabelais, Quart livre, XXIII et la briefve déclaration.