‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 258 sur 425 · Et la conversation (ou le propos) qui déçoit nos cœurs · texte numérisé non relu

Et la conversation (ou le propos) qui déçoit nos cœurs

De nerfs en nerfs, d'os en os prist vigueur,

653 Puis tout soudain se fît roy de leur cœur.

Comme le feu caché sous les fougères, Qu'aux mois d'hyver les peureuses bergères D'un devanteau vont et revont souflant ' [^29]

656 Fueille sur fueille, et largement enflant

Poumons et gorge, à toute peine evantent : D'un petit traq mille fiâmes s'augmentent En longue pointe : à la fin un grand feu

660 En se suivant s'alonge peu à peu,

Brûle les champs, et d'une torte voye Jusques au ciel une fumée envoyé Trouble d'esclairs : le feu victorieux

664 Règne au sommet des chesnes les plus vieux!

Ainsi d'Amour les fiâmes allumées De peu à peu dedans l'esprit semées De ces deux soeurs par un traq dévoyé^,

668 Un grand brazier au cueur ont envoyé.

Incontinent que la belle journée Chassant la nuit au ciel fut retournée, Le bon Troyen larmoyant sans confort

672 Fit aprester les obsèques du mort

Qui d'un sanglier avoit l'haine tranchée»,

651-52. 8"] Chaudes au cœur, où le sang bouillonnoit Par le désir qui les aiguillonnoit

659-60. 7^ à la fin peu à peu {j^'^ par erreur peu peu) Plein de fumée au ciel vole un grand feu

Page 1