I. 7 j ajoute : Varlet de chambre du Roy
DES aUATRIi; PREMIERS LIVRES DE LA FRAN'CIADE I5
dément de Jupiter, aussi que son esprit prophétique avoit prévoyance des destins, & presagioit la grandeur de son neveu fils d'Hector, luy fit équiper quelque nombre de navires, dans lesquelles il s'embarque, & laisse Buthrote, ville d'Epire où il faisoit sa demeure avec son oncle & sa mère Andromache. Le Poëte luy donne compagnie d'hommes guerriers par une belle et gentille invention : car le jour du mandement de Jupiter, tous les Troyens banis estoient assemblez par le congé des Princes de la Grèce, pour choumer la feste de Cybelle leur Déesse, tous equippez d'armes telles que souloient porter les Corybantes & Curetés, quand ils celebroient les honneurs de la mère des Dieux : Junon se courrouce, voyant que la gloire des Phrygiens doit reflorir. Cybele & Mars favorisent Francion et luv enflament le cœur du désir de louange & de vertu. Helenin luy enseigne sommairement quel chemin il doit tenir sur la mer pour venir de Crète à l'emboucheure du Danube.
Argument du second livre
Neptune, gardant encore son courroux contre les Troyens, à raison du parjure Laomedon, employé (outre ses forces) la puissance de Junon, d'Iris et d'iEole, pour se vanger sur Francus, voulant ensevelir luy et ses destins soubs la mer. Francion tourmenté des tempestes, & ayant perdu tous ses vaisseaux, fut poussé contre des rochers de l'isle de Crète, en laquelle un Roy nommé Dictée le reçoit avec toute honesteté & libéralité. Ce Roy courant un cerf rencontre d'avanture ces Troyens endormis sur le rivage, recreus de travail & lassitude. Cybele avoit envoyé à ce Roy le Dieu du Somne en songe, pour luy donner envie d'aller à la chasse ce mesme jour. Francion fait entendre à Dicaeé son nom, son païs & sa ville, & l'occasion de son navigage, & son naufrage. Les fantosmes de ses compagnons que la tempeste avoit engloutis se présentent à luy la nuit suivante : ausquels il dresse des tombeaux vuides, appeliez en Grec xevoToîçta, & leur fait des obsèques. Apres il suplie la Déesse Venus qu'elle les vueillc garder & favoriser. Venus envoyé son enfant Amour
l6 LES ARGUMENS
pour blesser & rendre amoureuses les deux filles du Roy, nommées l'une Clymene, et l'autre Hyante, au mesme instant que Francion arriveroit au chasteau. Il se fait un festin, où Terpin, chantre tresexcellent chante un bel hymne d'amour. Dicseé triste conte à Francion la cause de sa tristesse, & comme son fils Ora^e est détenu prisonnier sous la tyrannie du Gean Phovere. Francion s'offre à combatre le Gean : ce qu'il fait de si magnanime courage, & avec telle prouesse & dextérité, qu'il le tue, & retire Oraee de sa captivité. Dicseé bien joyeux ambrasse le veinqueur & chante son honneur.
Argument du troisiesme livre
Ce livre contient les amours d'Hyante & de Clymene : Clymene, au commencement par grand artifice & par belles & comme justes remontrances s'efforce d'arracher l'affection amoureuse du cueur d'Hyante sa sœur, afin que toute seule elle puisse jouir de l'amour du Prince Troyen. Ces deux soeurs vont au temple pour sacrifier aux Dieux, afin qu'ils destournent toute mauvaise passion de leurs esprits. Le fils d'Hector va sur le rivage de la mer, où il adresse sa prière à Apollon. Leucothoé, fille de Protée, luy prophétise ses fortunes à venir, & Dicœé offre au seigneur Troven sa fille Hyante en mariage, lequel le remercie, s'excusant sur le destin. Oraeé, fils du Roy, immole une ecatombe aux Dieux. Terpin chante un bel hymne à la déesse Victoire. Venus, changée en la vieille prestresse d'Hécate, vient au chevet d'Hyante, & environne le lict de sa ceinture, pleine d'estrange vertu. Francus célèbre les funérailles d'un grand Prince son cher amy, je me doute que l'autheur entend icy dessous quelque grand Capitaine de notre temps '.Clvmene furieuse, par le conseil de sa nourrice tasche de fléchir Francion par une lettre amoureuse. Cybele transformée en Turnien, compagnon de Francus, l'admoneste de courtizer Hyante, pour aprendre et scavoir d'elle les Rois lesquels doivent sortir de son
I. Cette phrase manque dans les éditions de 1578 et suivantes.