LIVRE IV
280 »'D'une fille aime un courtois amoureux'.
Francus luisant de beautés et de grâce
Luy aparut d'une coline basse
Beau comme Amour : les rayons de ses yeux 284 Estoient pareils à cet astre des cieux
Qui, bien nourry de l'humeur marinière^,
Jette de nuit une espesse lumière,
Et de rayons redoutables et crains 2«8 Verse la soif et la fièvre aux humains
Et de son front eiface chaque esioille'.
Elle qui tint dessus la face un voile
Par le travers du crespe l'aperceut : [^72]
292 Adonq un trait en l'ame elle receut,
Son cueur luy bat au fond de la poitrine,
Ses pieds tenus comme d'une racine
Ne remuoient ny deçà ny delà.
296 Dessus sa joue une rougeur alla
Chaude de honte : une froide gelée
Sur ses genous lentement est coulée,
Et ne scay quelle ombrageuse obscurté joo De ses beaux yeux offusqua la clarté,