Et la fierté
998-99. S-j Prendra soubs luy l'ordounance Salique Pour refroidir du chaut mestier de iVlars
roo2. T^-S"] Q.ui tout son chef
1. Il amollira leur férocité de Sicambre et de Scythe en leur imposant la loi Salique, ensemble de coutumes propres aux Francs Saliens, d'où son nom. Bien entendu, l'application de celte loi aux Francs par Pharamond est tout à fait fantaisiste. Là encore Ronsard a transposé du Virgile; le poète latin, après avoir fait révéler par Anchise à son fils Enèe le nom et la destinée des premiers chefs Albains, puis Romains, y compris Romulus, fils de Mars, tous guerriers et conquérants (comme ici Marconiir), met cette question dans la bouche d'Enée ; « Quel est plus loin ce vieillard couronné d'olivier et portant des objets sacrés? » à quoi Ancliise répond : « Je discerne la chevelure et la barbe blanche du roi Romain qui assiéra Rome naissante sur la hase des lois. » Or le Pharamond de Ronsnrd ressemble fort à ce roi de Rome, qui est le législateur Numa. De même le Claudion qui suit ressemble au roi de Rome Tullus Hostilius, lequel, nous dit Virgile, « rompra la paix de sa patrie et appellera aux armes ses légions oisives et déjà déshabituées des triomphes » (En. VI, 807 à 814).
Au reste, à partir d'ici, R. a puisé ses renseignements à plusieurs sources françaises : 1° Robert Gaguin, dont les Chroniques de France, imprimées à la fin du xv° siècle, avaient été traduites du latin en français en 1514 et rééditées ainsi plusieurs fois ; 2° Nicole Gilles, auteur des Trcs-elegantcs... Annales, souvent réimprimées ; 3" Jean Bouchet, dont les Anciennes et modernes généalogies des roys de France avaient été publiées à Poitiers en 1528 et plusieurs fois rééditées; 4° Grégoire de Tours dont VHisloria Francornni avait été publiée en 1512 et rééditée en 1522 ; 5° le moine Aimoin, dont le De gestis Francormn avait été publié en 15 14 et réimprimé en 1567. Quant à Girard du Haillan, sou Histoire de France ne fut publiée in extenso qu 'en 1576. Auparavant il n'avait mis au jour qu'un plan de son ouvrage, où Ronsard a pris un détail; pour le reste, noire poète n'a pu que le consulter oralement (cf. p. xv). Nous n'avons pas trouve la source des v. 1305, 14 17, 17S3, et 1800 (add. de 1587).
2. Cf. Virgile, En. VI, 760 : qui nititur hasta. j. Cf. En. VI, 779.
1004 A longue barbe, aux longs cheveux pendans,
Qui rien qu'horreur ne monstre en son visage ? C'est Claudion qui l'otieux courage ' Des vieux Gaulois aux armes refera
inr>] Et leur paresse en guerre eschaufera,
D'ardeur nouvelle animant leurs poitrines A conquérir les provinces voisines.
Luy tout ardent du feu de guerroyer,
1012 Enfant de Mars, doit un jour foudroyer
L'orgueil romain : puis d'une vertu vive Du Rhin cornu outrepasser la rive Et la forest charbonnière ^ perser :
iot6 A forte main doit un jour renverser
Les Turingeois, et la muraille ancienne De Mont, Cambray, et de Valentienne, Et de Tournay, et doibt rougir les hors [^9^]
1020 De Somme, tiède au carnage des mors :
Doibt bien avant en Gaule faire entrée, Nulle puissance en armes rencontrée Son masle cœur suporter ne pourra :
1024 Comme une foudre en Bourgongne courra,
1004. S4-Sy à longs cheveux
1005. ij^ Qui rien d'horreur (erreur typ., éd. suiv. corr.)
1007. j}' Des vieux Germains | 7^'' Des vieux François | JS-S4 reprennent la leçon de 7 j'
1007-10. Sy Des peuples siens reschaufera d'ardeur, Les emplissant de force & de vigueur, Donnant courage à leurs masles poitrines Pour surmonter les provinces voisines
loii. Sj Luy tout bouillant
1014. y^-Sy Du Rhin Gaulois
1020. 87 Somme chaude au
1023. 8y Luy ny son camp supporter