‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 374 sur 425 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

1244 Qui en vivant fust magnanime & fort].

Or pour montrer que telle créature Se vestira de céleste nature,

Avant sa mort les feux presagieux, [20e]

I1348 Le tramble-terre et les foudres des cieux '

Esbranleront sa royale demeure.

» Mais quoy, Troyen ! il faut que l'homme meure : » En son bateau Caron prend un chacun, 11252 » Et du tombeau le chemin est commun.

Voy Childebert et Clotaire son frerc Qui tous ardens d'une juste colère Que Gondebaut comme prince cruel 1256 Ait fait meurdrir leur oncle maternel.

Dessus son fils Sigismond de Bourgongne, De telle mort vangeront la vergongne.

Ces deux grands rois à la guerre assemblez, 1260 Donnant bataille aux Bourguignons troublez,

Les meurdriront d'une mort tresamere, Gratifiant aux larmes de leur mère *, Qui souspiroit de ne voir point vangé 1264 Le corps royal de son père outragé.

Ce Childebert et Clotaire, grands princes,

1243-44. Ce distique manque en 72, ce qui rompt Valternance des rimes m. et f. ; je l'ai rétablie d'après j^' | j^*" Tant vault l'honneur d'un Prince après la mort De qui le cueur fut vertueux & fort | jS-84 Tant vaut

Ji l'honneur d'un Prince après la mort, Qui en vivant fut équitable &

i fort I Sy Et plus pourront eu la tombe enfermez Ses os, qu'un camp des f grands Princes armez

i24Ç-';2. Sy supprime ces huit vers 1256. Sj Aye meurdry ; 1259-61. Sy Les Rois unis & leurs camps compagnons Feront la

1 guerre ensemble aux Bourguignons, Les accablans d'une serve misère

1. Cf. Aimoin, op. cit., II, ch. xxv : De terrae motu et Clodovel transitu.

2, C.-à-d. donnant satisfaction aux larmes de leur mère Clotilde.

Pour augmenter les bords de leurs provinces, Rompant le droit, la nature et la loy

ia68 (Entre les rois ne dure point la foy,

Tant le désir de régner leur commande), Frères germains, suivis d'une grand bande D'hommes armez partiaux et meschans,

1272 Voudront helas ! de leurs glaives tranchans

S'entre-tuer et rougir les batailles Du sang tiré de leurs propres entrailles. Mais sur le point qu'ils voudront s'assaillir, [207]

1276 Voicy du jour la lumière faillir,

Neges et vens et tourbillons et gresle Du ciel crevé tomberont pesle-mesle Entre-semez de foudres et d'esclairs :

1280 Hommes, chevaux, morrions et bouclairs

Seront frapez coup sur coup du tonnerre. Ainsi de peur mettront fin à la guerre Ces deux germains : le bon Dieu l'a permis,

1284 Et de haineux devenus bons amis '

Frères de sang et de cœur sans rancune, Ramasseront leurs puissances en une.

Fiers aux combas, invaincus chevalliers ;

1288 Puis en poussant milliers dessus milliers

D'hommes armés, par hautes destinées

1267-68. S-] Rompantapres la nature & la loy » (Entre les Rois jamais ne vit la foy)

1268-69. /S-Sj guillemets

1281. 7}^ Seront frappez des flames du tonnerre | 7S-84 de pluyc & du (84 de) tonnerre | 8y d'un orageux tonnerre

1282-8}. 84-87 Un tel miracle appaisera la guerre De ces germains

1284. ^4-^7 Puis de haineux

1286. On lit en 72 et y^' puissance au singulier (éd. suiv. corr.)

1289. On lit hautes, destinée (éd. suiv. corr.)

I. Sur la tempête miraculeuse et la réconciliation des deux frères, cf. Grégoire de Tours, III, ch. x.wiii.

Page 1