‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 376 sur 425 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Affamé d'or, et par armes coniraires

Voudra ravir la terre de ses frères,

N'aymant personne et de personne aimé : [209]

Qui de putains un serrail diffamé

Fera mener en quelque part qu'il aille ',

Soit temps de paix ou soit temps de bataille :

En voluptez consommera le jour

Et n'aura Dieu que le ventre ^ et l'amour.

Du peuple sien n'entendra les complaintes : Toutes vertus, toutes coustumes saintes Des vieux Gaulois fuiront devant ce roy, Grand ennemy des pasteurs de sa loy.

Les escoliers n'auront les bénéfices, Les sens de bien les honneurs des offices J : Tout se fera par flateurs eshontez.

Et les vertus seront les voluptez.

Jamais d'enhaut la puissance céleste Ne montra tant son ire manifeste.

Et jamais Dieu, le grand père de tous. Ne montra tant aux hommes son courroux,

1337-59. 7j De ses sujets n'entendra les complaintes, De ses ayeux les ordonnances saintes, Mœurs & vertus fuiront devant ce Roy

1557-40. 78-S4 suppriment ces quatre vers \ Sy les remplace par ceux-ci : Tel Prince semble au pourceau qui se veautre En un bourbier : un plaisir tire l'autre. Desja le Ciel par signes le preschoit due d'un tel Roy la vie le faschoit

1342. y^' Les gens de bien les honneurs, les offices ] 7^'' n'auront point les offices | 7S-S7 Les gens de bien ny honneurs, ny offices

1347. 84 Et l'œil de Dieu qui nous regarde tous

1. Cf. N. Gilles : ... il menoit tousjours avec luy grans turbes de femmes concubines.

2. Expression fréquente dans la littérature du xvi° siècle, imitée de l'épitre de saint Paul aux Philippiens : quorum deus venter est.

3. C.-à-d. les gens cultivés n'auront pas les bénéfices ecclésiastiques, ni les gens de bien les charges publiques. Cf. N. Gilles : ...peu de gens clercz furent mis de son temps es dignitez et prelatures de France.

Signes de sang, de meurdres et de guerre : De tous costez un tramblement de terre, Horrible peur des hommes agitez, M 52 De fond en comble abatra les citez.

Jamais les feux la terre ne crevèrent En plus de lieux : jamais ne s'esleverent Plus longs cheveux de comètes aux cieux,

1556 Jamais le vent, esprit audacieux,

En fracassant et forests et montagnes,

Ne fit tel bruit, le balay des campagnes.

Les pains coupez de sang se rougiront, [210]

1360 En plein hyver les arbres fleuriront ',

Et toutefois pour ces menaces hautes Ce meschant roy n'amendera ses fautes : Mais tout superbe, en vices endurcy

1364 Contre le Ciel eslevant le sourcy,

Au cueur brûlé d'infâme paillardise Estoufera contre sa foy promise, En honnissant le sainct lit nuptial,

1368 Sa propre espouse, espoux tresdesloyal.

Ny lit, ny foy, ny la nuit amoureuse Ne deffendront Galsonde malheureuse, du'en luy pressant le gosier de sa main

1372 Ne la suffoque, homicide inhumain :

1545-52. Sj supprime ces huit vers

135 5">^- 7) Jamais les vens la terre ne crevèrent Eu plus de lieux : jamais ne s'esleverent A l'improveu (signes prodigieux) Plus longs cheveux de comètes aux cieux | jS-Sj Jamais les vents la terre ne crevèrent En plus de lieux : jamais ne s'esleverent Plus longs cheveux de comètes aux Cieux, De son malheur signes {Sj monstres) presagieux

1357-60. j^-Sj suppriment ces quatre vers

1365. 84-8-/ O cœur brûlé d'infâme paillardise !

1368. y^-jS Sa propre femme | S4-SJ te^te primitif

I. Ces prodiges ont été rapportés par Grégoire de Tours (IV, xxxi, et 'V, xxxiv) et par Gaguin.

Page 1