‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 377 sur 425 · Acte d'un Scythe, et non d'un roy de France · texte numérisé non relu

Acte d'un Scythe, et non d'un roy de France

Lequel devoit s'oposer en deffense

Pour la sauver, et luy mesmes s'offrir ;}76 Plustost cent fois à la mort, que souffrir

De voir sa femme ou captive ou touchée :

Et toutesfois auprès de luy couchée,

Jointe à son flanc, le baizant en son lit, [}8o Seure en ses bras, l'estranglera de nuit '.

Cruel tyran! à qui dessus la teste

L'ire de Dieu pend desja toute preste :

D'un ord trespas son sang le rougira [}84 Et sa putain sa femme vangera^.

Apres la mort de sa femme Galsonde,

Doit espouser sa garse Fredegonde,

Qui d'un visage eshonté de regars, [21 ij

:}88 Et de maintiens lubriques et paillars,

Et d'un parler entre l'humble et le grave,

Fera ce roy de maistre son esclave 3,

L'abestissant si bien à ses désirs, 1592 Qu'il servira valet de ses plaisirs.

Puis doit aprendre aux despens de sa vie

Que l'homme est fol qui aux putains se fie.

1585. 84-87 Son propre sang son crime lavera 1388. 7^'' bordeliers & paillars | 78-84 texte primitif 1585-92. 8j supprime ces huit vers 1595. 8y Ah! apprenant aux despens de sa vie 1394. 7^-84 guillemets à ce vers

1. Tout ce passage est imité d'Aimoin : « eam in stratu quiescentem crudelissime strangulavit : immane facinus, nullique antea cognitum tyranno, ac Franco homini, maxime régi, penitus incongruum : conjugem innocuam, et quam ab hostibus raptam vindicari ferro, autmortem pro ea oppetere decuerit, hanc securam, in communi thoro cubantem, sufFocare non erubuisse » (III, ch. v).

2. Cf. Aimoin, ibid. : « [meretriculae] fraude in proximo erat ipse perimendus. »

5. Cf. Aimoin, III, lvii : « vile mancipium ...obsequeretur. »

Or, elle ayant assoté ' son mary, 1396 Pour mieux jouir de son ribaut Landry

Qui du royaume avoit toute la charge,

Folle d'amour, à deux meurdriers encharge

A son retour de la chasse bien tard- 1400 De luy perser la gorge d'un poignard.

Ainsi mourra par les mains de sa femme

Ce Chilperic, des princes le diffame ^. Elle sans peur ny de Dieu ny de loix, 1404 Toute effrontée, ayant encor les doigs

Rouges du sang de son mary, pour taire

Par un beau fait le meurdre et l'adultère,

Ira guerrière au milieu des combas, 1408 Tiendra son fils de trois mois en ses bras,

Traistre pitié ! pendant à sa mammelle,

Dont son paillard aura pris la tutelle 3. Puis cette royne abominable, ainçois 1412 Cette furie exécrable aux François,

De qui la teste attendoit le suplice.

Comme si Dieu favorisoit le vice +

Vivra sept ans en pompes et honneur [212J

1416 Avec Landry, des François gouverneur :

1403. 7 j'' ni des loix | jS-S-j texte primitif

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